RMC Sport

Henry : « Je serai la plupart du temps sur le banc »

Thierry Henry

Thierry Henry - -

Dans un entretien au site officiel d’Arsenal, le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France (51 réalisations en 123 sélections), prêté pour deux mois par les Red Bulls de New York, détaille les raisons de son retour-surprise sous le maillot londonien. L’émotion est palpable. Et les objectifs apparemment modestes.

Quelle est sa condition ?

« Je travaille dur pour être en condition parce que c’était nécessaire. (…) Je me dois d’être disponible aussi vite que possible. J’espère que les gens ne vont pas comparer avec ce que j’ai fait par le passé ici. Je serai la plupart du temps sur le banc, tout le monde le sait et je ne suis pas assez stupide pour croire que je vais débuter. Je viens avant tout dans l’idée d’aider. (…) Tout le monde sait que Robin van Persie est le n°1 devant. Evidemment, Gervinho est là et quand vous pouvez compter sur des gars comme Walcott et d’autres… Comme je vous l’ai dit, je serai juste un membre de l’équipe. »

A-t-il changé ?

« C’est étrange. Pour être honnête, c’est presque irréel. J’ai toujours dit que je ne reviendrais pas jouer en Europe mais quand l’équipe que vous aimez réclame votre retour, c’est dur de refuser. (…) Bien sûr que beaucoup de choses ont changé. Je ne connais plus grand monde ici. J’ai seulement joué avec Alex Song, Robin, Theo, Djourou, Diaby (…) Quand il s’agit d’Arsenal, c’est toujours le coeur qui parle en premier. (…) Je n’ai plus 25 ans. N’attendez plus de moi que je prenne le ballon au milieu du terrain pour dribbler cinq ou six adversaires. Je me souviens de Dennis Bergkamp, il était l’avant-centre et d’un seul coup il est devenu celui qui joue derrière l’attaquant. Si vous avez la lucidité d’anticiper le jeu avant les autres, vous pouvez vous en sortir sans “les jambes”. C’est ce que je vais essayer d’apporter si on fait appel à moi. »

Que va-t-il apporter ?

« Je dirais que je suis plus parti pour être un remplaçant. En tout cas plus comme un titulaire incontestable. J’ai besoin de me préparer. Mais je peux apporter quelque chose, comme parler aux gars et leur dire ce que ça signifie de gagner. Je suis un compétiteur et ça ne me quittera jamais. (…) Je n’ai jamais eu d’attentes, même quand je suis venu à Arsenal la première fois. J’essaierai de donner 100% si on m’en donne la chance. »

« Pour moi, c'était du gagnant-gagnant »

Quel est son état d’esprit ?

« Arsenal est le seul club qui pouvait me faire revenir. (…) Mais au final je ne reviens pas pour toute la saison, je serai de retour avec les Red Bulls parce que je suis à 100% impliqué dans la conquête du titre en MLS. Dès que j’ai su que je pouvais revenir pour aider le club à cause du départ de certains gars pour la Coupe d’Afrique des nations, je me suis dit que je reviendrais à New York en étant “fit”. Pour moi c’était du gagnant-gagnant.»

Comment a-t-il vécu le dévoilement de sa statue près de l’Emirates Stadium ?

« Je n’ai pas honte de dire que j’ai pleuré. C’est presqu’irréel parce que je parle d’une statue et quelques semaines plus tard, je rejoue pour Arsenal. Ce n’était pas programmé. (…) Tout est allé très vite, demandez-le au coach - il y pensait mais il ne m’en parlait pas. Cette statue, ce que le club a fait pour moi, je ne peux toujours pas y croire. (…) Entre Arsenal et moi, ça a toujours été une histoire d’amour, avec quelques mauvais jours. J’espère que les gens estiment que le bon l’emporte sur le mauvais. J’aime simplement et tellement Arsenal… (…) Je n’ai pas pleuré beaucoup dans ma carriere, mais j’ai pleuré quand j’ai quitté le club et quand la statue a été dévoilée. Il y a un truc entre Arsenal et moi. J’ai toujours essayé d’être honnête. (…) Les supporters pouvaient lire en moi à livre ouvert. Je suis comme ça. Je peux être pénible parfois, mais j’aime le club. On dit que l’amour est aveugle, mais c’est très dur pour moi de dire non à Arsenal. »