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Le Ballon d’Or, Chelsea, le "football d’instinct"… Eden Hazard dit tout sur SFR Sport

Flamboyant avec les Blues de Chelsea, sous les ordres d’Antonio Conte, Eden Hazard a effacé sa dernière saison difficile. Le Belge veut remplir son armoire à trophées et prendre du plaisir sur le terrain. Et le Ballon d’Or dans tout ça ? Il y songe, mais il ne s’en fait pas une montagne. Ses confidences au micro de SFR Sport.

On a l'impression que le fantôme d'Eden Hazard de la saison passée a disparu. On a retrouvé le grand Eden Hazard ?

C'est vrai qu'on est bien. Après, il n'y a pas que moi qui tourne bien dans l'équipe. Les 23 joueurs sont bons à l'entraînement, bons en matchs, donc ça facilite les choses. L'année dernière a été mauvaise mais on essaye de l'oublier. 

D'un point de vue plus personnel, qu'est-ce qui est à la base de votre renouveau ?

L'année dernière, comme je l'ai déjà dit, j'ai joué un peu blessé. J'ai profité des vacances et ça a été difficile de revenir au top. Cette année, il y a du plaisir qui revient sur le terrain, des buts qui s'enchaînent et la confiance aussi. C'est un tout.

C'était juste ça, le fait d'être libéré des problèmes physiques ?

Non, il n'y a pas juste ça. Je pense que le début de la saison, l'année dernière, était pas mal. C'est juste que je n'ai pas réussi à marquer sur les premiers matchs. Ça a joué, ça a vite dit "il ne marque pas, il n'est pas décisif", et après, une fois que la confiance n'est plus là, c'est difficile de la retrouver. Mais je l'ai retrouvée en fin de saison dernière. A l'Euro, j'étais bien.

C'est une question de confiance, il y a un déclic ?

Le football, c'est une question de confiance. Quand on est en confiance, on peut réussir des choses qu'on ne réussit pas quand on est pas en confiance, tout simplement. On tente plus de choses, ça réussit. Des fois, ça rate bien évidemment... Et quand on n'est pas en confiance, on essaye et tout ne fonctionne pas comme ça devrait fonctionner.

Qu'est-ce qui fonctionne pour vous cette saison qui ne fonctionnait pas la saison dernière ?

On gagne les matches, alors que l'année dernière, on ne les gagnait pas ! (rires) On faisait de bons matchs mais on ne les gagnait pas. On s'est vite retrouvé distancés, dans une période de crise. Alors, on a essayé de prendre quelques joueurs : c'était moi, c'était Diego Costa, c'était Fabregas, les meilleurs joueurs de l'année d'avant. C'est normal, c'est comme ça. On a fait le dos rond, on a fait le maximum jusqu'à la fin de la saison même si c'était compliqué. Cette année, tout va bien, donc on en profite.

On vous sent épanoui, à un niveau de jeu assez incroyable. Avez-vous l'impression d'être au sommet de votre carrière ?

Je ne sais pas. J'ai 26 ans, j'espère que je vais encore vivre de bons moments. C'est vrai que là, en ce moment, tout va bien. On est premier de Premier League. Il manque juste la Ligue des champions, c'est dommage. On ne l'a pas cette année mais ça nous permet d'être mieux armés pour les matchs du week-end.

Mais dans votre football, vous êtes au sommet ?

Je ne sais pas. C'est similaire à il y a deux ans. Les mêmes choses me reviennent. Même quand j'étais à Lille, j'ai vécu des très bons moments, notamment la dernière année où j'étais vraiment bon. Cette année, c'est un peu la même chose. J'arrive à être décisif. Je prends du plaisir sur le terrain. J'espère que ça va continuer.

En quoi le système d'Antonio Conte vous aide-t-il à être performant sur le terrain ? 

Chacun a quelque chose de défini sur ce qu'il doit faire. On sait très bien ce qu'on doit faire, on ne s'éparpille pas sur le terrain, on essaie de rester dans notre zone. Des joueurs sont là pour défendre plus que d'autres, des joueurs sont là pour attaquer. Tout le monde fait sa part du boulot, c'est ce qui fonctionne.

Vous vous sentez plus libre sur le terrain ?

Je me sens libre. Quand on a le ballon, je me sens libre d'aller où je veux, de faire les choses que je sais faire, d'être décisif, de dribbler, de marquer... Ce qu'on me demande de faire !

Est-ce que l'apport de Thierry Henry en sélection belge a été important dans votre évolution ?

On ne le côtoie que quelques semaines, ce n'est pas beaucoup. Depuis qu'il travaille, on l'a vu deux-trois semaines. Mais c'est sûr qu'avoir quelqu'un comme ça qui travaille avec vous, ça aide. Juste par l'expérience qu'il apporte, par le charisme qu'il dégage, c'est quelque chose de bon pour l'équipe nationale. A nous, attaquants, il nous dit ce qu'il aurait fait, ce qu'il aurait pu faire. On prend tout ce qui a à prendre.

Quand vous êtes sur le terrain, que vous recevez le ballon et que vous voyez l'espace devant vous, qu'est-ce qui se passe ?

Je ne pense à rien du tout. Ce sont des choses qui se passent au moment-même. Deux minutes avant, je ne me dis pas "je vais faire ça" et ça vient. C'est de l'instinct, c'est mon football. C'est du football d'instinct. Je ne peux pas l'expliquer en fait.

Vous imaginez, comme un artiste ?

Non, même pas ! Je fais ce que mon cerveau me dit de faire. Ce n'est pas quelque chose de programmé. C'est comme ça. Quand je commence à trop réfléchir, c'est là que ça ne se passe pas bien.

Qu'est-ce qui vous fait encore rêver dans le foot ?

Gagner des trophées. C'est pour ça qu'on joue. Mais le plus important, c'est de jouer et de rendre les gens heureux. Ils veulent voir du football, du spectacle. C'est à nous de les rendre heureux, c'est ce que j'essaye de faire à chaque match.

Paul Pogba dit qu'il rêve du Ballon d'Or. Est-ce quelque chose qui vous attire aussi ?

Ouais, j'en rêve, mais si je ne l'ai pas, je ne l'ai pas. Ce n'est pas un problème. Des joueurs le méritent peut-être plus que moi. Je ne travaille pas pour l'avoir. Je travaille pour gagner, pour être heureux, pour rendre les gens heureux. Si je l'ai, tant mieux, ça fera plaisir à beaucoup de personnes. Si je ne l'ai pas, tant pis.

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N.B