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Manchester City, l'Espagne, Galtier, Zidane et Benzema... Aymeric Laporte, héros d'Agen, se confie

EXCLU RMC SPORT - Avec un trophée de la Premier League dans ses bagages, Aymeric Laporte s'est rendu vendredi à Agen, sa ville de naissance, où un stade porte désormais son nom. À cette occasion, l'international espagnol de Manchester City a porté son regard sur sa saison, son avenir et la Roja.

RMC Sport: Vous avez dit devant vos proches que votre carrière vous avait obligé à faire des choix. Mais vos attaches sont à Agen?

Aymeric Laporte: J’ai toute ma famille ici, c’est déjà une grande chance. J’ai passé plus de la moitié de ma vie ici. Je suis né ici, tout a commencé ici. Je suis content de revenir aux sources.

Avoir un stade à son nom, c'est irréel, non?

Oui, c’est des échelons à franchir, on va dire. Je suis content que la mairie d’Agen ait pensé à ça. Je ne m’y attendais pas, mais je prends ça avec plaisir. Content de profiter avec ma famille et tout le public.

Le stade Aymeric Laporte à Agen
Le stade Aymeric Laporte à Agen © RMC Sport

"J'ai encore trois ans de contrat, je suis content"

Pour parler du sportif, vous sortez d’une saison aboutie sur le plan personnel avec un quatrième titre de Premier League en cinq saisons à Manchester City...

Quatre trophées en championnat oui, mais cela fait onze en tout. Il n’y a pas que la Premier League. C’est très bien pour le club et pour moi. Je suis content de faire profiter les gens d’ici aussi en faisant venir le trophée de la Premier League. Ce n’était jamais arrivé. Donc je suis super content de cette saison que j’ai faite, malgré une blessure en fin de saison. J’ai su tenir bon jusqu’à la fin.

Vous vous sentez épanoui à Manchester City. Vous y restez la saison prochaine?

Oui, je suis super content et en forme. L’équipe aussi. Il reste seulement l’objectif en commun, la Ligue des champions, mais on va tout faire pour l’avoir cette année.

Cette Ligue des champions... L’élimination incroyable contre le Real Madrid en demi-finale vous reste-t-elle encore en travers de la gorge?

On l’a dans la tête, mais ça va nous servir pour la gagner, pour nous améliorer, améliorer notre fin de match et prendre conscience de la difficulté de gagner cette compétition. J’espère qu’on fera mieux et qu'on la gagnera cette année.

Vous avez dit que Manchester représentait votre futur. Mais est-ce que vous vous voyez jouer un jour en Ligue 1?

Pour l’instant, ce n'est pas le but. J’ai encore trois ans de contrat. Je suis content et le club aussi. J’ai joué beaucoup de minutes: je suis le défenseur central qui en a eu le plus. Je suis une référence et je suis très content que le coach et Manchester City aient confiance en moi. Donc pourquoi ne pas continuer longtemps encore.

Pour parler de la Ligue 1, la nomination de Christophe Galtier comme coach du Paris Saint-Germain, c’est crédible en Angleterre?

Tout entraîneur est crédible pour arriver au PSG ou dans une grande équipe européenne. Il y a toujours un petit truc, quelque chose dont il faut se méfier. Nous, en tant que City, on doit regarder notre performance et personne ne doit nous battre.

Un adversaire récurrent de City, c’est Paris malgré tout. C’était une surprise pour vous de voir Kylian Mbappé rester au PSG?

C’était une surprise pour tout le monde, je crois. En tant que joueur, on ne suit pas trop le mercato. On est au courant, mais on analysera les adversaires à chaque match.

Deschamps et les Bleus, "c'est du passé"

Vous, supporter des Girondins depuis tout petit, comment vivez-vous la situation de Bordeaux?

C’est triste. J’ai d’ailleurs montré mon soutien sur les réseaux cette année aux Girondins. C’est un club mythique en Ligue 1 et mon club depuis petit. Je suis assez touché par ce qu'il s’est passé. Mais voilà, c’est le foot. J’espère juste une chose, c’est qu’ils reviennent sur le devant de la scène en France, mais aussi en Europe.

Pour parler de l’équipe de France, vous avez affronté Zinédine Zidane en tant que coach du Real Madrid. Comment verriez-vous sa nomination à la tête des Bleus si cela devait arriver? Auriez-vous des regrets de ne pas jouer pour la France sous Zidane?

Oui, ça aurait été bien... C’est une personne que j’apprécie humainement. Comme entraîneur, on a vu ses résultats... Il n’y a rien à dire, il est très fort. Il a aussi apporté beaucoup à la France en tant que joueur. La qualité qu’il avait, c’était magique… Ce sont de très bon souvenirs pour moi et pour ma famille. Je lui souhaite le meilleur pour ses prochaines étapes.

Mais c’est toujours Didier Deschamps à la tête des Bleus. Qu'est-ce que cela évoque pour vous? De la rancœur, des regrets ?

C’est du passé.

"Gavi, faire ce qu'il fait à 17 ans, je n'ai jamais vu ça"

Comment vous sentez-vous dans la sélection espagnole, demi-finaliste de l'Euro?

Super bien. L’Espagne accueille très bien les joueurs, c’est une mentalité magnifique. Les joueurs sont très jeunes. Je fais presque déjà partie des vétérans du groupe. J’essaie de les aider, et eux aussi essaient de m’aider.

Il y a des jeunes comme Gavi... C’est un phénomène pour toi?

Il est magique, il est incroyable. Faire ce qu’il fait à 17 ans, je n’ai jamais vu ça. À cet âge-là, j’allais au centre de formation tout jeune à taper dans un ballon sans penser qu’un jour je jouerais en équipe nationale. Lui s’est imposé. Il est à fond. C’est très bien pour lui et pour l’équipe.

Quels sont les objectifs de l'Espagne à la Coupe du monde, où elle est dans un groupe difficile (Allemagne, Japon, Costa Rica)?

Comme tous les grands pays: arriver le plus loin possible, passer les phases de poule. Dans le foot, tu ne sais jamais ce qu’il peut arriver, comme perdre contre le moins bon et gagner contre le meilleur. On verra bien.

C’est très hypothétique, mais rencontrer la France au Mondial, ça vous exciterait ou ça vous rendrait nerveux?

C’est déjà arrivé en Ligue des nations. C’est vrai que ça fait un petit quelque chose, mais il faut rester professionnel. Le foot reste un jeu qu’on fait tous les jours. Je devrais plutôt penser au match plus qu’aux sentiments. Ce sera le plus important.

Comment êtes-vous perçu par les médias et le public espagnol?

Très bien. On a fait de très bons matchs, et ça aide beaucoup.

Dans ce mercato, Manchester City a notamment recruté Erling Haaland et Julian Alvarez...

On a fait de bonnes recrues. Haaland va nous apporter de l’espace, de la vitesse et de la percussion en attaque. Quelque chose qu’il nous manquait ces dernières années, vu qu’on jouait sans attaquant avec le style de jeu de Pep. Ça va être beaucoup mieux et on espère plus de titres.

Haaland peut-il s'adapter au style Guardiola? Certains en doutent...

Aucune idée. Mais les gens parlent sans savoir.

Pour terminer, Benzema Ballon d’or, c’est aussi votre avis?

Oui, je pense que Benzema le mérite. Cela fait des années qu’il fait de grosses performances. Il le mérite.

Propos recueillis par Aurélien Tiercin