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Premier League: le recrutement de jeunes pépites menacé par le Brexit?

Alors que le Royaume-Uni sera sorti de l’Union Européenne ce samedi 1er février, le Brexit pourrait frapper de plein fouet la Premier League dans les mois à venir. Les cadors outre-Manche pourraient bien ne plus pouvoir recruter d’Européens avant leur majorité, ce qui bouleverserait leurs modèles d’effectifs.

Tout comme de nombreux citoyens européens, le football au Royaume-Uni pourrait être fortement impacté par le Brexit. Tandis que la sortie définitive du pays de l’Union européenne interviendra samedi 1er février, la Premier League ne sait pas non plus clairement à quelle sauce elle va être mangée, ni quels en seront les impacts. Concernant le marché des transferts, le Brexit pourrait ainsi chambouler les cibles de recrutement outre-Manche, à commencer par les jeunes pépites européennes.

Si les clubs de Premier League se montreraient confiant quant à leur capacité toujours intacte l’été prochain de pouvoir s’offrir des talents de moins de 18 ans, plusieurs spécialistes sont bien moins catégoriques sur la question, comme le révèle l’édition du jour du Telegraph. Le quotidien britannique a interrogé des avocats spécialisés dans le sport, qui ont tour à tour clamé leurs inquiétudes pour des clubs anglais qui, passée cette date butoir du Brexit, ne seront plus autorisés à recruter des joueurs mineurs hors Royaume-Uni.

"Je conseille aux clubs d’appuyer sur la gâchette maintenant"

Jake Cohen, avocat sportif en contact régulier avec de nombreuses équipes du championnat anglais, conseille en effet aux clubs de l’élite d’accélérer au plus vite leur recrutement de jeunes joueurs à fort potentiel. Et de réaliser ces transactions d’ici à la fin du mercato hivernal, dont le coup de sifflet final sera donné… vendredi à minuit. "Je conseille aux clubs, si vous avez identifié le joueur et tout est en place, d’appuyer sur la gâchette maintenant, lâche Cohen. Ne jouez pas au hasard avec la FIFA, surtout s’il n’y a pas de véritable assurance."

Il leur resterait donc un peu plus de deux jours pour le faire, à l’image de la transaction finalisée par Chelsea pour s’offrir l’attaquant norvégien Bryan Fiabela (16 ans), arrivé de Tromso contre un million d’euros. Owen Jones, spécialiste du droit des sports liés à l’immigration, ajoute quant à lui "qu'à moins que quelque chose ne change en termes de réglementation de la FIFA", ce mercato sera l’ultime opportunité pour les clubs anglais de réaliser de telles opérations, légales jusqu’alors au Royaume-Uni.

Et parfaitement encadrées par un règlement FIFA qui stipule qu’il est interdit aux joueurs de moins de 18 ans de s’installer dans des clubs d’un autre pays, à moins qu’il ne s’agisse de deux pays membres de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen. Deux associations dont ne fera donc bientôt plus partie le Royaume-Uni. Avec les nouvelles restrictions, Manchester United n’aurait par exemple pas pu recruter Paul Pogba auprès de son club formateur du Havre en 2009, lui qui était alors âgé de 16 ans. Tout comme Arsenal avec Cesc Fabregas, débusqué du FC Barcelone en 2003, tandis que l’Espagnol n’avait lui aussi que 16 ans. Et ce ne sont pas des cas isolés.

Les jeunes Britanniques, seuls gagnants au change

Seule petite éclaircie dans cet amas de règles toujours plus strictes, les jeunes britanniques pourraient toutefois être les grands gagnants du Brexit dans le football. La Fédérations anglaise de football (FA) souhaite profiter de l’opportunité pour enfin réduire le nombre de joueurs étrangers par équipe, en passant de 17 à 13 joueurs étrangers (sur un groupe de 25) autorisés par équipe en Premier League.

Si ce nombre aujourd’hui est dépassé par les trois quarts des clubs de PL, dont Chelsea (16 joueurs étrangers), cette proposition de la FA faite en novembre dernier bénéficierait aux footballeurs en herbe du Royaume-Uni. Qui aurait d’autant plus d’espace pour s’imposer à Manchester United, Tottenham ou Liverpool. Les clubs, eux, ne sont pas très chauds pour appliquer ce nouveau quota, soucieux de maintenir l’attractivité de leur championnat. En attendant, ces cadors britanniques devront désormais regarder de loin les clubs européens se disputer les meilleurs jeunes joueurs du Continent.

Romain DAVEAU (@daveauromain)