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Premier League: pourquoi ce n’est pas une si bonne nouvelle pour Liverpool d’être leader à Noël

Les deux dernières fois où Liverpool a été en tête de la Premier League à Noël, le titre lui a échappé au printemps. Une exception en Angleterre, et le symbole d’une équipe qui souffre régulièrement durant l'hiver.

"Klopp n’a rien gagné du tout." Cette phrase, prononcée dans une interview à Sky Sports en présentation du Boxing Day, est signée… Jürgen Klopp. L’entraîneur de Liverpool aurait pourtant quelques raisons de se montrer confiant: en poste depuis octobre 2015, il aborde pour la première fois la période des fêtes en tête du championnat anglais, son équipe est toujours invaincue, et ses hommes, le week-end dernier, ont porté à quatre longueurs leur avance sur Manchester City. Autant dire que la réception du 15e Newcastle, ce mercredi (16 heures), semble dans les cordes de Henderson et ses compagnons.

Sauf que Klopp sait que le chemin vers le titre est encore long. Très long. Et que les motifs de méfiance, eux aussi, sont présents. Depuis quelques jours, la presse britannique rappelle d’ailleurs une statistique assez étonnante en Premier League: sur les dix dernières saisons, le leader au 25 décembre a fini champion à huit reprises au printemps, sauf les deux saisons où le leader de Noël s’appelait… Liverpool.

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2013-2014, les cadeaux empoisonnés

Le dernier exemple en date remonte à la saison 2013-2014, période Brendan Rodgers. En tête de la Premier League le 25 décembre après quatre succès consécutifs, dont un carton à Tottenham (5-0), les Reds se retrouvent quelques jours plus tard quatrièmes, plombés par une défaite à City le 26 (2-1), puis une autre à Chelsea (2-1, encore) le 29. Et s’ils récupéreront temporairement la première place au printemps, ce sont bien les Skyblues qui finiront sacrés avec deux points d’avance.

En 2008-2009, aussi, Liverpool était leader à Noël. Mais après deux victoires le 26 et le 29 décembre, c’est cette fois une série noire en janvier, avec trois nuls de suite contre Stoke, Everton, et Wigan, qui avait éjecté les Reds d’une première marche qu’ils ne retrouveraient jamais. Et en mai, Manchester United s’était offert le titre…

Attention au rhume

Ce deuxième cas de figure illustre une tendance régulièrement observée du côté d’Anfield. Si la période des fêtes en elle-même n’est pas maudite pour Liverpool, le mois de janvier tourne régulièrement à l’indigestion. En 2011, Gerrard et les siens avaient enchaîné trois matchs sans victoire du 5 au 16 janvier, dont deux revers à Blackburn et Blackpool. En 2007-2008, c’est une série de quatre défaites et un nul, du 30 décembre au 30 janvier, qui avait empêché les Scousers de se battre pour le titre dans la dernière ligne droite. Pareil en 2004-2005, avec trois revers sur les quatre journées de janvier…

Le Liverpool d’aujourd’hui ne ressemble en rien à celui de l’époque, direz-vous. Et il est vrai qu’il n’a jamais paru aussi fort que cette saison, emmené par un trio d’attaque (Salah-Mané-Firmino) toujours aussi performant, un patron en défense (Van Dijk) et un portier (Alisson Becker) bien plus performant que la saison passée. Mais les Reds sont encore en lice dans trois compétitions, et Klopp a assuré, cette semaine encore, qu’il voulait se donner à fond sur tous les tableaux. Dans une période où les organismes sont automatiquement affaiblis, cela pourrait peser. Ce sera aussi le cas à City, le concurrent numéro un, mais là où Klopp peut s’appuyer sur un onze de départ très solide, Guardiola a l’avantage d’avoir un banc de touche bien mieux garni. Pour décrocher un premier titre depuis 1990, il faudra donc bien se couvrir…

CC