RMC Sport

Sylvain Distin : « J’espère que City ne perdra pas son âme »

Sylvain Distin explique que ce derby n'a rien à voir avec les derbys français

Sylvain Distin explique que ce derby n'a rien à voir avec les derbys français - -

Ancien joueur de Manchester City, le défenseur français de Portsmouth est revenu sur la nouvelle dimension de son ex-club après le rachat par un magnat du pétrole, avant le derby de dimanche face à Manchester United.

Sylvain Distin, quel souvenir gardez-vous de votre passage à City ?
Des bons souvenirs, mais aussi un peu de frustration. Lors des cinq années que j’ai passées là-bas, on aurait pu faire beaucoup plus. C’est vraiment un super club. Avec l’arrivée de Sulaiman Al-Fahim, tout a changé. Mais à l’époque, c’était un géant endormi. Nous avions un très beau centre d’entraînement, un stade toujours plein. La vie à Manchester est aussi très agréable. Tout était réuni pour qu’on ait envie de rester dans le club. Le seul problème était financier. On n’avait jamais les bons joueurs au bon moment. Pourtant, beaucoup de très bons joueurs sont passés là-bas, comme Nicolas Anelka ou Shaun Wright-Phillips.

C’est aussi un club extrêmement populaire…

C’est ce qui se dit, notamment parce que l’ancien stade, Maine Road, se situait dans un quartier très populaire, pour ne pas dire craignos. Mais dans les années à venir, avec les nouveaux joueurs qui vont arriver, ça risque d’évoluer. Quand les moyens sont là, les supporteurs changent. Les gens qui n’étaient pas forcément attirés par City vont commencer à l’être. J’espère que le club ne perdra pas son âme.

City a-t-il les moyens de rattraper United au niveau sportif ?
Quand on voit les joueurs qu’ils veulent acheter et le prix qu’ils sont prêts à payer… Mais ça ne se fera pas en une saison. United s’est construit sur la durée. Pour l’instant, City démarre à peine. Ils ont la possibilité de rivaliser avec les plus grands. Le plus dur désormais, c’est de convaincre les joueurs. S’ils ne se qualifient pas en Ligue des Champions, ça va être difficile de faire venir les meilleurs joueurs du monde. Seul l’aspect financier peut les attirer. Vont-ils venir pour les bonnes raisons ? C’est une autre question...

Quel est l’atmosphère autour des matches contre United ?
Ca n’a rien à voir avec les matches à haute tension comme un PSG-Marseille en France. A l’approche du match, les supporteurs en parlent tous les jours. Quand ils t’abordent dans la rue, c’est pour te rappeler que c’est le match à gagner. Après, il n’y a pas d’animosité ni de bagarres. Dans la préparation du match, tu sens la différence. Il y a beaucoup plus de médias et d’interviews. Mais le jour du match, c’est comme d’habitude. C’est la mentalité anglaise. Dans les stades, il y a des stewards, mais pas de policier. Il n’y a pas de cars de CRS autour des stades, pas de barrières. Si les supporteurs avaient envie de se rentrer dedans, ils le feraient à n’importe quel moment et personne ne les en empêcheraient. On sent plutôt une tension positive entre les supporteurs. Ils s’échangent des chants, mais pas des coups ou des projectiles.

La rivalité entre les deux clubs se vit-elle au quotidien ?
Ca concerne d’abord les supporteurs. C’est une petite ville. Entre joueurs, on se croise dans les restaurants, dans les bars… Les camps d’entraînement sont à cinq minutes l’un de l’autre. Il n’y a aucune animosité entre les joueurs. Et avec les supporteurs de Red Devils, je n’ai jamais connu aucun problème.

La rédaction - Clément Zampa