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Wenger a-t-il perdu la main ?

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Sifflé pour la première fois par ses fans dimanche contre Manchester United (1-2), le manager d’Arsenal a encore perdu du crédit. Son groupe semble toujours le soutenir, mais jusqu’à quand ?

La 74e minute du match Arsenal-Manchester United (1-2) marque-t-elle la rupture entre Arsène Wenger et son public ? C’est au moment où il décide de sortir le jeune Oxlade-Chamberlain (18 ans) pour faire entrer Archavine que l’Emirates Stadium s’est mis à gronder. Des sifflets qui ne visaient pas le joueur russe bien que celui-ci ne soit pas du tout l’idole des Londoniens, mais bel et bien le manager alsacien. « You don’t know what you’re doing » (« Tu ne sais pas ce que tu fais »), ont même chanté certain d’entre eux. « Je peux comprendre leur énervement, déclara Wenger, très tendu, après la rencontre. Les gens payent leur ticket. Ils sont libres d’exprimer leurs émotions. On ne doit pas dicter leur comportement. »
Mais toujours lors de cette 74e minute est apparu sur l’écran géant la mine plus que dubitative de Robin Van Persie, lançant un « no ! » lourd de sens au moment du changement. Le meilleur buteur de Premier League (19 buts) était visiblement dégoûté par le choix de son coach. « Je n’ai rien vu », a rétorqué Wenger.

Arteta : « Tout le groupe le soutient »

A cinq points de Chelsea, 4e , et à dix longueurs de Tottenham, 3e , Arsenal est bien mal engagé dans la course à la Ligue des champions. Ce nouvel échec en Premier League et surtout ces premiers sifflets à l’encontre du coach français interpellent : Arsène Wenger a-t-il perdu la main ? Mikel Arteta, son milieu de terrain, ne le pense pas. « C’est vrai qu’il est critiqué mais il a fait beaucoup pour le club, assure l’ancien Parisien. On n'est pas dans une meilleure période mais on reste en bonne place pour la Ligue des champions (Arsenal défiera l’AC Milan en 8e de finale, ndlr). Tout le groupe le soutient. »
Pour Gilles Grimandi, l’un de ses fidèles scouts de la cellule de recrutement, la colère des supporters n’est pas légitime. « S'il y en a qui remettent en cause son travail, ce n'est pas une injustice, c'est une idiotie, souffle l’ancien Gunner. Il faut se rappeler où était le club quand Arsène est arrivé (en 1996). Il faut aussi se rendre compte du travail réalisé en quinze ans avec un club qui est stable financièrement, qui gagne même de l'argent. C'est rare en Europe ! Un club qui a aussi créé un centre d'entraînement de très haut niveau, construit un nouveau stade, une équipe très jeune qui franchit des paliers. Un projet exceptionnel arrive à son terme. Dans les tribunes, on voit toujours les banderoles dans les tribunes : « Arsène we trust ! » » Problème : elles sont de moins en moins nombreuses…