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PSG : Ancelotti et Leonardo sont dans un bateau...

Carlo Ancelotti est menacé sur la banc du PSG

Carlo Ancelotti est menacé sur la banc du PSG - -

Le sort de l’entraineur parisien Carlo Ancelotti et du directeur sportif Leonardo sont liés. Si le premier venait à être remercié comme le veulent les rumeurs du moment, le Brésilien serait sans aucun doute contraint de faire également ses valises.

Depuis la prise de pouvoir des Qataris au Paris Saint-Germain en juillet 2011, pas moins de dix-sept nouveaux joueurs ont rejoint le club de la capitale. Plus un entraîneur. Il y a près d'un an, Antoine Kombouaré, alors leader de Ligue 1, avait été débarqué au profit de l’Italien Carlo Ancelotti, coopté par le directeur sportif Leonardo. Cet hiver, l’ancien coach du Milan AC et de Chelsea est à son tour sur la sellette. Par ricochet, le Brésilien l’est également.

L’Equipe de ce lundi évoque des contacts avec l’ex-entraineur du FC Barcelone Pep Guardiola (quid de ses relations tendues avec Zlatan Ibrahimovic ?) tandis que la presse espagnole se fait l’écho régulier de tractations parisiennes avec le Portugais José Mourinho.

Deux "top managers" auxquels s’ajoute le serpent de mer Arsène Wenger, tenu en haute estime par les nouveaux propriétaires qataris et qui a toujours été considéré comme la cerise sur le gâteau du pharaonique projet PSG.

Un ticket Gerets-Denisot ?

Vue sa puissance financière, rien n’est impossible pour le PSG. Une chose est certaine néanmoins, la chute de Carlo Ancelotti entrainerait irrémédiablement Leonardo vers la sortie. Si le duo "Carlo-Leo" s'accomode dans une répartition équitable des tâches, les trois successeurs potentiels ne sauraient accepter la tutelle du Brésilien.

Pep Guardiola, Arsène Wenger comme José Mourinho règnent sans partage sur le domaine sportif. C'est un aspect non-négociable, préalable à toute discussion, pour chacun d'eux. Une certitude aussi forte qu’il est improbable de voir l’un de ces techniciens prendre la formation parisienne en cours de saison. Trop risqué.

L’Equipe, toujours, avance le nom de l’ancien entraineur de l’OM et actuellement en poste au Qatar, Eric Gerets pour assurer un éventuel interim. Mais le quotidien sportif glisse également le nom du président délégué historique du club, Michel Denisot dans un rôle de "super responsable RH". 

Un ticket gagnant où les rôles auraient le mérite d'être clairs.

Leonardo et les signes de fébrilité

Mais, si l’on reproche des choix douteux (turnover intempestif, sous-utilisation de Nene) à Carlo Ancelotti, se pose surtout la question de l'utilité de Leonardo. Dans sa fonction il ne convainc pas.

Chargé du recrutement, son réseau exclusivement implanté en Italie ne porte pas ses fruits. Les 42 millions déboursés pour l’Argentin Javier Pastore pèsent de plus en plus lourds comparativement aux prestations du joueur.

La décision de recruter Alex, Van der Wiel, Lugano, Sissoko ou même Lavezzi laisse sceptique sans parler des vraies-fausses arrivées de David Beckham ou de Pato qui traduisent un emballement non-maîtrisé de la direction. 

Si l'on ajoute son coup de sang envers l’arbitrage après le match face à Montpellier, le PSG et sont directeur sportif dégagent une sensation de fébrilité. Incompatible avec le froid projet du club.

Leonardo voulait Ancelotti

Le Prince Tamim et le président du club, Nasser al-Khelaifi, qui ne cachent pas leur intention de rapidement obtenir un retour de leurs investissements colossaux, sont énervés.

Ejecter Antoine Kombouaré ne faisait pas forcément parti de leur plan en décembre dernier, engager Carlo Ancelotti n'était pas non plus une priorité. Son arrivée relève de la seule volonté de Leonardo.

"Je ne vise pas le Prix Nobel de la paix" déclarait il y a an le Brésilien, sous –entendant qu’il n'accomoderait ni ses actions, ni ses propos au trop amateur football français. Il se faisait le chantre du "haut niveau", des "grands clubs" et du "palmarès, qui seul compte à la fin.

Mais à s'être montré trop pressé d'imposer sa marque, le Brésilien pourrait en payer le prix fort. Sans prix, ni trophée. 

Samuel Auffray