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Salamone: "Quand je vois Areola, je me dis que ça aurait dû être moi"

Mickaël Salamone

Mickaël Salamone - AFP

Formé au PSG aux côtés d'Alphonse Areola, puis passé professionnel à Evian en 2012, Mickaël Salamone a dû se reconstruire après la perte de sa mère. "Mal conseillé" selon lui, le gardien a connu le chômage et vu les portes du monde professionnel se refermer petit à petit. Depuis le début de la saison, avec Sannois Saint-Gratien (17e de National), le Titi retrouve un niveau qui lui permettra, il l'espère, de retrouver les hautes sphères du football français à l'avenir.

Mickaël Salamone, pouvez-vous nous raconter votre parcours avant d'arriver à Sannois Saint-Gratien, en National ?

J'ai été formé au PSG de mes 12 à 19 ans. J'étais avec Alphonse Areola au centre de formation et le club a décidé de miser sur lui. J'ai donc signé mon premier contrat professionnel à Evian. J'ai fait deux ans en professionnel, ça se passait très bien. J'ai ensuite eu le décès de ma mère. A ce moment-là, j'ai été très mal conseillé. J'ai accepté de partir à Charleroi (Belgique) pour me rapprocher de Paris pour ces raisons familiales. J'ai indiqué à Evian que je ne voulais pas prolonger alors qu'ils m'avaient proposé un nouveau contrat de deux ans. Et finalement, je n'ai jamais pu signer à Charleroi... Bien évidemment, Evian n'a pas accepté de me reprendre à ce moment-là. J'ai donc été au chômage à 22 ans, je m'entrainais simplement avec la réserve du PSG. Je suis reparti tout en bas ensuite, à Aubervilliers. J'ai été élu meilleur gardien de CFA avant de rejoindre Sannois et de monter en National 1 cette saison.

Vous avez une histoire dans le football qui est difficile, mais vous semblez revenir dans le circuit à 26 ans... Vous comprenez que ce soit si difficile une fois qu’on est un peu sorti des chemins classiques ?

Pas vraiment. Quand vous êtes jeune, on vous dit que vous avez de grandes qualités, que vous allez pouvoir faire carrière. Puis tout d'un coup, alors que vous avez vécu un drame, il n'y a plus rien, plus personne. Vous n'avez pas pour autant perdu vos qualités, mais vous n'avez plus les personnes autour de vous pour vous aider à aller tout en haut. Franchement, malgré ça, je n'ai jamais vraiment pensé à arrêter. Chaque jour, je me dis que je n'ai pas fait tout ça pour ça. Pas fait un centre de formation au Paris Saint-Germain, avec tous les sacrifices que cela demande, pas signé professionnel à Evian, pour finalement arrêter le football.

Quand vous voyez Alphonse Areola aujourd'hui, avec lequel vous avez partagé un bout de votre formation, qu'est-ce que vous vous dites ?

Que ça aurait dû être moi. Quand je regarde comment ça s'est passé, je me dis que ça ne s'est pas joué à grand-chose. La différence, à l'époque, c'est qu'il était plus mature, alors qu'il a un an de moins que moi. Dans son jeu, dans son attitude, il était un peu plus 'terminé' que moi. Et à ce moment-là, les Qataris venaient à peine de racheter le club et ce n'était pas possible de faire signer deux contrats professionnels à deux gardiens. Il fallait choisir, pas comme maintenant où tous les joueurs de qualité ont une chance. Ils ont choisi Alphonse Areola et on connait la suite.

Vous avez des contacts pour essayer d'aller plus haut la saison prochaine ?

Oui. J'ai retrouvé des gens qui avaient envie de m'aider à évoluer. J'ai 26 ans et je suis prêt à retrouver le monde professionnel, en Ligue 2 ou Ligue 1. A l'époque, je voulais jouer, mais je sais qu'à mon âge, je peux arriver comme doublure et tenter de montrer que j'ai le niveau. Mais avant, je veux tout faire pour maintenir Sannois en National 1. Ce club m'a donné une chance incroyable de pouvoir me montrer à nouveau et redescendre en National 2, ce serait vraiment horrible.

Loïc Tanzi