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Business: comment le PSG peut réaliser le transfert du siècle avec Neymar

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Toujours surveillé par la Fifa et la règle du fair-play financier, le PSG a pourtant bien l’intention d’exploser les records en achetant Neymar au FC Barcelone. Il en va de l’avenir sportif mais aussi de l’image d’un club qui se veut géant. L’économiste Pascal Perri décrypte le dossier et explique les moyens dont dispose Paris pour s’offrir un rêve appelé Neymar.

Deux cent vingt deux millions d’euros. C’est le montant de la clause libératoire de Neymar à Barcelone. Et ce n’est qu’une partie de ce que Paris devra débourser pour attirer le buteur. Il y a cette clause à faire sauter, mais aussi une prime de bienvenue, un salaire net de 30 millions d’euros par an, une prime pour un tiers de la famille du Brésilien etc. 

Concrètement, Neymar à Paris, c’est une opération à 500 millions d’euros. "On voit mal comment le PSG pourrait respecter le fair-play financier en dépensant en une fois cette somme", remarque Pascal Perri, économiste pour RMC Sport. "Ce n’est pas dans ses moyens et dans les moyens d’aucun club européen", ajoute-t-il.

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Convaincre l’UEFA en lissant l’investissement par exemple

Mais le projet Neymar ne s’arrête pas à cet obstacle. Paris peut vendre des joueurs "pour produire du cash à court terme". Il peut aussi miser sur une formule consistant à "s’adosser à Neymar, à sa renommée, son image, sa capacité à vendre, pour produire des revenus supplémentaires". Pour rappel, Neymar, c’est 70 millions d’abonnés sur Instagram, 60 millions sur Facebook et 30 millions sur Twitter.

Pascal Perri explique : "La seule formule, c’est de convaincre l’UEFA qu’il y a un vrai plan financier autour de l’arrivée de Neymar." Pour l’heure, le club de la capitale reste en dessous des cadors européens en termes de sponsoring (25 millions d'euros par an pour Nike comme pour Emirates, équipementier et sponsor maillot), de billetterie, de produits dérivés...

Un joueur comme Neymar peut permettre à Paris de doubler ses revenus et de combler sans mal l’investissement consenti : "Si le dossier présenté à l’UEFA est documenté, avec des promesses sérieuses, on peut imaginer que Paris puisse convaincre l’UEFA que cette dépense de 500 millions d’euros échelonnée sur cinq ans reste dans les moyens du club."

"Paris a besoin de Neymar"

En revanche, essayer de contourner les règles avec un montage douteux est une bien mauvaise idée. Aller au conflit avec l’UEFA serait contre-productif. Pascal Perri plaide pour un "bon compromis". Cela vaut le coup car Neymar, "ce n’est pas un investissement risqué, mais un investissement obligatoire".

"Paris a besoin d’un très grand joueur, capable d’aider l’équiper à passer les quarts et les demies en C1, et très attractif. C’est à la fois un besoin sportif et un besoin en termes d’image. Il faut convaincre que Paris est capable d’attirer parmi les cinq meilleurs joueurs du monde."

"La bonne personne" pour Paris et pour le foot français

"Le football est une industrie du spectacle sportif", reprend le spécialiste. Et dans ce show, le PSG a besoin d’une grande équipe, avec de grands joueurs, et un grand casting : "Il faut faire rêver, et pour cela, il y a peu d’acteurs. (…) Neymar est probablement la bonne personne, au bon moment."

Le recrutement de Neymar serait un événement sans précédent en France. Le PSG disposerait de sa nouvelle superstar incarnant ses ambitions. Mais la Ligue 1 aussi serait avantagée, estime l’économiste : "Ce PSG va faire rêver et va faire venir du monde dans les stades. Ce sera un élément d’attractivité pour le football français. Paris a à y gagner, mais le foot français aussi."

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Nicolas Bamba