RMC Sport

Mercato: le transfert de Pépé va rapporter gros à ses clubs formateurs

Grâce au règlement de la Fifa, qui stipule que les clubs formateurs doivent être rémunérés lors du transfert d’un joueur, la signature de Nicolas Pépé à Arsenal va grandement profiter à ses premières équipes.

En signant à Arsenal pour 80 millions d’euros, Nicolas Pépé n’a pas seulement rempli les caisses de Lille. Il devrait rapporter 12 millions d’euros à Angers, où le LOSC l’a acheté. Mais il va également faire exploser le budget de ses deux clubs formateurs : le FC Solitaires (19e arrondissement de Paris) et le Stade Poitevin FC. La Fifa prévoit dans ses règlements une contribution de solidarité pour les clubs formateurs lorsqu'un joueur est transféré, ce qui fait de nombreux heureux dans ce transfert à Arsenal.

"Acheter ou une deux camionnettes"

Le FC Solitaires a accueilli Pépé à ses débuts, quand l’Ivoirien jouait gardien de but. Il pourrait obtenir au moins 600.000 euros, soit près de 14 fois son actuel budget annuel, qui s’élève à 43.000 euros. "Ce serait fabuleux. C’est évident que ça va être un bol d’air. Ça va nous permettre d’équilibrer les comptes car c’est parfois difficile, certaines licences de joueurs ne sont pas entièrement payées.", se réjouit le président, Guy Fraineau. Avec cette somme historique, le club ne compte pas s’emballer, seulement faire des achats nécessaires. "Nous allons peut-être acheter une ou deux camionnettes pour les déplacements de jeunes mais nous ne ferons pas d’investissement particulier."

D’autant plus qu'il faudra attendre plusieurs semaines voire mois pour que le versement soit effectué. "J’y croirai quand l’argent sera tombé sur notre compte. Je sais que le versement risque d’être long, comme ça l’avait été lorsqu’Evan N’Dicka, qui a joué avec Nicolas, avait signé de Auxerre à Francfort", indique prudent Guy Fraineau.

Poitiers risque de multiplier son budget par 6

Du côté de Poitiers, où Nicolas Pépé est arrivé à 14 ans, on attend aussi avec impatience de recevoir cette commission. Elle devrait s’élever entre 1 et 1,2 millions d’euros, selon les sources, soit six fois plus que le budget annuel du club. "Cette saison, le club a repris ses couleurs historiques, mais nous n’avions pas pu faire tous les jeux de maillots. Là, nous allons pouvoir équiper tout le monde !", s’enthousiasme Régis Dubois, le président du Stade Poitevin FC, où l’équipe sénior évolue ne National 3. Il est d’autant plus soulagé que l’ex Lillois a joué avec ses nerfs. "On était impatient qu’il signe. Quand on a appris qu’il s’était engagé à Arsenal, on ne pouvait que s’en réjouir. Il a fait durer le suspense, mais mieux vaut tard que jamais."

Tout le monde au club s’est évidemment réjoui de ce transfert record, que Régis Dubois prend comme un signe de reconnaissance. "C’est la première fois que ça nous arrive, c’est une belle récompense aussi pour les éducateurs, c’est la preuve d’un gros travail. On va investir dans du matériel pour les entraînements mais aussi dans la formation des jeunes et des éducateurs, on va pouvoir leur proposer plus de stages."

Surtout, avec près d’un million d’euros en plus, le club va pouvoir viser plus haut que la cinquième division française. "On va pouvoir viser la montée ne N2, voire en N1", estime-t-il, tout en précisant que les investissements liés à ce pactole seront répartis entre les différentes équipes. "Ça peut aussi donner de l’ambition aux jeunes pour qu’ils restent au club. Souvent il y en a trois ou quatre qui partent en centre de formation chaque année. Si on met en place de choses, ça pourrait leur donner envie de rester. On va prendre le temps, on ne va pas s’affoler et garder les pieds sur terre", précise Régis Dubois.

"Essayer d'obtenir son numéro de téléphone pour le féliciter"

Si à l’époque rien ne prédestinait Nicolas Pépé, "un bon jeune", à aller aussi haut, Régis Dubois aimerait bien pouvoir le remercier aujourd’hui. "Je vais essayer d’obtenir son numéro de téléphone pour le féliciter car pour nous c’est un bonheur. Notre formation a une part de réussite là-dedans. Pour le club, pour la ville, ça donne une bonne image. Les gamins de l’école de foot en parlent entre eux, dans leur famille."

Et grâce à lui, le train de vie sera forcément différent: "On va travailler plus sereinement, plus tranquillement. Aujourd’hui nous n’avons pas de soucis financiers, mais on compte quand même", rappelle Régis Dubois. Parfois, on avait envie d’aller fêter une victoire au restaurant mais on ne le faisait pas pour ne pas trop dépenser. Aujourd’hui, on le fera, mais sans faire de folies !".

Valentin Jamin