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Mercato : les clubs français savent-ils recruter ?

Isaac Thelin

Isaac Thelin - AFP

Tout au long de la semaine, RMC Sport consacre un débat par jour au mercato. Thème de ce jeudi : les clubs français savent-ils recruter ? Eclairage avec trois spécialistes : un président de club, un directeur sportif et un agent.

Jean-Pierre Louvel (président du Havre) : « Un certain nombre de handicaps »

« Le football français n’est pas plus bête que les autres mais il a un certain nombre de difficultés et de handicaps qui se posent également en termes de recrutement. Je pense notamment aux problèmes de la TPO (la tierce-propriété d’un joueur, ndlr), des agents,… Je ne dis pas que je suis pour la TPO, je dis simplement que ça fait partie des handicaps que le football français possède. Après, il faut regarder les structures des cellules de recrutement. Est-ce qu’on est aussi bien équipé que dans d’autres clubs étrangers ? J’aurais tendance à dire qu’à un moment donné on a eu du retard et qu’on est en train de le combler. Je pense que nos techniciens sont des gens tout à fait capables de recruter, avec n’oublions pas aussi le recrutement des jeunes. La France est un pays formateur mais nous recrutons aussi chez les jeunes. Nous sortons de jeunes talents car il y a un bon recrutement très tôt. On vient chercher nos joueurs. »

Bruno Carotti (directeur sportif de Montpellier) : « Jamais 100% de réussite »

« Je serais tenté de dire oui, mais il y a tellement de paramètres… Aujourd’hui, on n’a pas tellement la patience de voir si le recrutement peut-être efficace sur une durée précise. C’est difficile de faire un jugement par rapport à un recrutement. A Montpellier, on a une cellule de cinq ou six personnes et on essaie de proposer quelque chose selon les besoins du coach (Rolland Courbis, ndlr). Il faut être au plus près de l’équipe pour connaître les besoins, ce qu’il est possible de faire ou pas. Parfois, on voit des joueurs intéressants mais qu’on ne peut pas "faire" sur le moment. Il faut aller à la pêche aux infos pour, comme le dit notre coach, ne pas forcément prendre la meilleure solution mais la moins mauvaise. Nous sommes les petites fourmis qui vont sur le terrain et qui ramènent le maximum d’infos. On ne peut pas recruter à n’importe quel moyen. Le recrutement, c’est un secteur dans lequel on est sûr de se tromper un jour ou l’autre. On n’a jamais 100% de réussite. »

Fabrizio Ferrari (agent italien) : « Beaucoup de clubs regardent Lyon comme un exemple »

« Les clubs français n’ont pas beaucoup d’argent pour les transferts donc ce n’est pas facile de faire un recrutement de top niveau. Ils font des recrutements de jeunes joueurs, en train d’exploser. Ils font des paris sur des jeunes pour, si ça se passe bien, ouvrir les négociations pour les vendre après. Je trouve que c’est plutôt normal. Le PSG ? Je trouve que ce n’est même pas un club français. C’est vraiment un club européen à ce niveau-là, avec un recrutement de niveau international. Marseille aussi, un peu. En France, il y a une tradition avec les jeunes. Un club comme Lyon n’a pas trop besoin de recruter. Ils ont des jeunes tellement forts qu’ils sont déjà prêts pour jouer en Ligue 1. Les jeunes Français de 1994, 95 ou 96 sont vraiment très forts. Tous les clubs européens sont en recherche pour acheter un joueur qui joue en équipe de France U19. Ça veut dire que la formation française est toujours au top niveau. Les clubs italiens m’appellent toujours pour me demander s’il y a un joueur en fin de contrat chez les U18 ou U19. Ils sont moins chers et ils travaillent bien dans les championnats étrangers. Beaucoup de clubs regardent Lyon comme un exemple. C’est l’image positive de la France. »