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Rivère : "Je ne comprends pas qu’on ne laisse pas jouer Ben Arfa"

Jean-Pierre Rivère, le président de Nice, avec Hatem Ben Arfa

Jean-Pierre Rivère, le président de Nice, avec Hatem Ben Arfa - AFP

EXCLU RMC SPORT. Jean-Pierre Rivère, le président de Nice, était l’invité de Luis Attaque ce jeudi sur RMC. Il a fait le point sur le dossier Hatem Ben Arfa, dont l’arrivée à Nice est compromise en raison d’un match joué avec les jeunes de Newcastle.

Jean-Pierre Rivère, pensez-vous qu’il y a un complot contre Nice à propos d’Hatem Ben Arfa ?

Non, pas du tout. Vous connaissez l’histoire. On signe le joueur. L’agent et son avocat nous précisent qu’il n’y a pas eu de match officiel joué par Hatem. On contracte, on envoie ça à la Ligue, tout se passe bien. Et nos amis lorientais, peut-être par la peur du match de samedi (dernier), ont prévenu la Ligue qu’Hatem avait fait un match en moins de 21 ans en Angleterre. Ils allaient porter réclamation si la Ligue homologuait le contrat.

Quelle garantie avez-vous reçue ?

La Fédération anglaise, qui organise ces rencontres, a envoyé un courrier pour dire que ce n’était absolument pas un match officiel. On passe ça à la Fédération française, qui fait peut-être un peu de zèle, qui envoie ça à la FIFA. La FIFA dit que pour elle, c’est un match officiel, mais que ce n’est qu’un avis informatif, que ça ne l’engage pas.

Le dossier va désormais être étudié en commission juridique de la LFP…

La commission était incomplète. On a demandé à ce que ça passe mardi pour qu’il y ait tout le monde, que tout le monde ait les éléments, le dossier. On ne prend pas ça comme un complot. Il y a du bon sens. En France, on râle tout le temps quand nos joueurs s’expatrient. Il y en a un, avec peut-être les difficultés qu’il a connues dans le passé, qui veut revenir. Moi qui le connais maintenant un peu mieux, je ne suis pas d’accord avec tous les jugements qui sont portés sur lui. Il n’a qu’une envie, c’est de revenir jouer en Ligue 1. Il a du talent. Qu’on prenne le bon sens dans ce dossier.

Avez-vous pris toutes les précautions pour le recruter ?

Dans notre contrat, on a demandé à son avocat, à son agent, s’il avait fait des matchs officiels, à part avec Hull City. On nous certifie que non. En complément, la Fédération anglaise, qui se fout complètement de l’OGC Nice, écrit noir sur blanc que ce n’est pas un match officiel. Ça fait quand même des éléments qui vous confortent dans votre position.

Sans l’intervention de Lorient, le problème ne se serait pas posé…

C’est certain. Je ne sais pas ce que j’aurais fait à leur place, mais je n’aurais certainement pas eu cette attitude-là. On reste dans du sport. Mais ce n’est pas grave. Chacun mène ses affaires comme il le souhaite. Mais vous savez, la roue tourne, un jour.

Savez-vous s’il y a eu d’autres clubs qui sont intervenus ?

Certainement. Mais peu importe. Le débat n’est pas là. Il est de savoir si on peut qualifier Hatem Ben Arfa pour qu’il joue en France, ou pas. Imaginons qu’on n’ait pas gain de cause. La seule voie qu’il pourra avoir, c’est de retourner en Angleterre. Et en Angleterre, il jouera. Il n’y aura aucun problème. Nous, en France, on se complique un peu la tâche. Je ne sais pas pour quelles raisons. Soyons pragmatiques, quand même.

Etes-vous confiant quant à l’issue de cette affaire ?

Non, on ne peut pas être confiant. Il y a une commission, avec différents membres. On ne peut pas préjuger de son attitude. Aujourd’hui, on a un garçon qui a envie de jouer en Ligue 1. C’est une chance pour la Ligue 1. La Fédération anglaise ayant été très claire, je ne comprends pas qu’on ne laisse pas jouer Hatem en championnat de France. Ce n’est que du positif pour le championnat. Je peux comprendre la Ligue, qui craint les réactions de clubs comme Lorient, qui vont porter réclamation. Je pense qu’on va trouver la solution juridique. Mais je ne peux pas dire que je suis confiant.

En voulez-vous à l’entourage d’Hatem Ben Arfa ?

Non, pas du tout. Jean-Jacques Bertrand est un très bon avocat, reconnu par tout le monde. Franchement, je pense que c’est l’un des meilleurs avocats qu’on puisse avoir sur le marché. Personne n’a pu imaginer que ce match soit interprété comme un match officiel. Aujourd’hui, on fait un peu de zèle.

Allez-vous prendre quelqu’un d’autre à sa place ?

Pour l’instant, on va tout faire pour avoir Hatem chez nous. C’est un garçon qui s’épanouit chez nous, qui est très heureux, qui est ravi de travailler avec Claude Puel. Aujourd’hui, il reste zen par rapport à la situation. On lui dit en ce moment : « Ecoute, tu fais un métier, mais tu ne vas pas l’exercer pendant six mois. » C’est dur. Il ne mérite pas ça.