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Tunisie: leur club de foot est suspendu, ils menacent de quitter le pays

Plus de 1.300 habitants de la ville côtière de Chebba (sud-est de la Tunisie) menacent de quitter illégalement le pays pour l'Italie. Ils protestent contre la suspension "injuste" de leur club de foot, interdit de jouer en première division par la fédération.

En soutien à leur club de football, 1.300 habitants de la ville côtière de Chebba, en Tunisie, songent à émigrer. Les supporters du Croissant sportif chebbien (CSC) menacent de quitter illégalement leur pays pour l'Italie, parce que leur club a été interdit par la fédération (FTF) de participer à la Ligue 1 pour l'ensemble de la saison 2020-2021. Une sanction qu'ils estiment "injuste".

Officiellement, cette décision a été prise car le dossier d'inscription du club était incomplet et déposé auprès de la FTF après la date limite. Mais depuis plusieurs mois, Taoufik Mkacher, dirigeant du CS chebbien, est en conflit ouvert avec le président de la fédération. La faute notamment à des publications Facebook critiquant le manque de transparence dans la gestion des fonds de l'instance, et appelant à un audit.

Grève générale

Prononcée le 17 octobre, la suspension a entrainé des mouvements de protestation dans cette ville où des manifestants ont bloqué des routes et incendié des pneus. Une grève générale a été organisée le 19 octobre. "Face au mutisme des autorités, des habitants ont décidé de quitter le pays et de partir vers l'Italie", a déclaré, mardi à l'AFP, Mohamed Ali Abbas, membre de la coordination de soutien du CSC, créée récemment par des habitants pour organiser cette opération de migration qui doit mobiliser plus de 200 embarcations.

Des manifestations à Chebba (Tunisie), le 19 octobre 2020
Des manifestations à Chebba (Tunisie), le 19 octobre 2020 © BECHIR TAIEB / AFP

Une tente a été installée au port de Chebba pour inscrire les participants à ce départ collectif, prévu jeudi au petit matin. Pour l'heure, quelque 1.365 personnes, femmes, hommes et des familles, se sont inscrits. C'est "une décision sérieuse des habitants qui se sentent marginalisés par le pouvoir", a assuré Mohamed Ali Abbas. "Le CSC est le principal club sportif pour les jeunes de cette ville, mais cela n'a pas empêché la fédération de prendre cette décision injuste", a déploré le président Taoufik Mkacher.

Dans une interview à un média local, le 18 octobre, le chef du gouvernement Hichem Mechichi a dit "comprendre la colère des supporters". Tout en appelant à contester la décision de la fédération par "les voies légales".

JA avec AFP