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Un ex-entraîneur de football renvoyé en procès pour viols et agressions sexuelles sur mineurs

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Un homme de 48 ans a été renvoyé ce lundi devant les assises de Paris pour des viols ou des agressions sexuelles sur huit adolescents de 2003 à 2018. L'accusé, un ancien entraîneur, se présentait comme recruteur pour les centres de formation.

Un ancien entraîneur de football, qui se présentait comme recruteur pour les centres de formation, est renvoyé devant les assises de Paris pour des viols ou des agressions sexuelles sur huit adolescents de 2003 à 2018.

Ahmed G., âgé de 48 ans, est accusé de "viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité et sur mineurs de 15 ans, tentative de viol, propositions sexuelles par voie électronique et corruption de mineurs" sur huit jeunes joueurs, qui avaient moins de 15 ans pour la plupart et qu'il entraînait dans des clubs de la région parisienne, ont précisé des avocats et une source proche du dossier.

Les faits ont été mis au jour en octobre 2015, lorsque la mère d'un adolescent de 13 ans s'est présentée dans un commissariat de banlieue parisienne après avoir découvert dans le portable de son fils de nombreux messages à caractère sexuel provenant de son entraîneur. Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en février 2016 avec interdiction de fréquenter des mineurs, Ahmed G. est incarcéré un mois plus tard pour avoir contacté des mineurs et assuré des entraînements, malgré les interdictions.

Après un an passé en détention, il est placé sous contrôle judiciaire avec à nouveau l'interdiction de fréquenter les terrains de foot et les mineurs. Mais il est réincarcéré en février 2019: il entraînait des jeunes dans un club de région parisienne. Les enquêteurs s'aperçoivent alors qu'entre temps, il a violé un autre garçon.

"Un mode opératoire récurrent"

L'enquête a permis d'identifier plusieurs victimes, des jeunes passionnés de football, d'origine africaine et issus de milieu modeste. "Il conteste tous les viols, il reconnaît en revanche certaines agressions sexuelles et en conteste d'autres", explique son avocate, Peggy Salomé, précisant qu'il avait "un vrai sentiment de culpabilité".

Ahmed G. a utilisé un "mode opératoire récurrent" pour gagner la confiance des adolescents: il se présentait comme un recruteur pour les centres de formation, installait une relation de proximité, puis les agressait sexuellement, selon l'ordonnance de mise en accusation signée par une juge d'instruction parisienne le 4 février.

L'enquête s'est heurtée à la difficile identification d'autres victimes et au mutisme des adolescents. "Selon nous, les victimes sont bien plus nombreuses. On a assisté à une libération de la parole, mais il s'agit d'un processus encore fragile", indique Me Agathe Blanc, qui défend les intérêts de quatre d'entre elles.

AFP