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Van Basten évoque sa difficile et douloureuse fin de carrière

Dans un entretien au Guardian, l'ancien attaquant néerlandais, trois fois Ballon d'Or, revient sur ça difficile fin de carrière. Marco van Basten souffrait d'une blessure à la cheville récurrente depuis de nombreuses années.

"C'était une très grosse chute et une période très sombre." Dans un entretien au Guardian, Marco van Basten revient notamment sur la fin de sa carrière perturbée par une grosse blessure à la cheville que le joueur néerlandais trainait pendant de nombreuses années.

Après une carrière très fructueuse avec la sélection des Pays-Bas, ainsi que le l’Ajax Amsterdam et l’AC Milan, Marco van Basten a dû arrêter sa carrière subitement, quelques années après avoir reçu trois fois le Ballon d’Or en 1988, 1989 et 1992, titré champion des Pays-Bas et d'Italie à trois reprises et deux fois champion d'Europe pendant les années 90. Une douleur à la cheville qui n’était plus supportable pour l’attaquant de légende, l'a poussé en 1995, alors qu'il évoluait à l'AC Milan, à mettre fin à sa carrière. "Je devais essayer de me soigner, se souvient-il Nous avons pris la décision de me faire une opération de la cheville. Pour un sportif, et je n'avais encore que 30 ans, c'est le pire choix. Mais je devais arrêter la douleur". Cette mesure drastique a fonctionné. Lentement, la douleur de van Basten s'est atténuée et il a commencé à pouvoir mener une vie normale.

"J'étais au sommet de ma carrière", au moment de sa blessure s'est-il souvenu. C’est deux ans plus tôt, à l’âge de 28 ans, que van Basten joua son dernier match lors de la fameuse finale de Ligue des champions 1993, perdue contre l'OM (0-1) avec l’AC Milan.

Une période très difficile à vivre, entre opérations et rééducation. Marco van Basten a évoqué ce calvaire: "En 1994, au milieu de la nuit, je rampais souvent du lit à la salle de bain. La douleur à la cheville est telle que, pour détourner l’attention, je comptais les secondes qu'il fallait pour parcourir cette courte mais pénible distance". Et se souvient: "En chuchotant, je n'arrivais jamais aux toilettes avant d'avoir atteint 120. Les seuils de porte sont la partie la plus difficile car ma cheville doit les franchir sans les toucher. Le moindre contact me fait mordre la lèvre pour éviter un cri".

"Je ne peux pas jouer au tennis ou au football"

"C'était très difficile car je suis passé du plus haut niveau de football au plus bas niveau de malheur personnel", dit-il. Pendant ses deux dernières années de carrière, van Basten a subi une dizaine de lourdes opérations parfois infructueuses pour continuer de jouer. 

Une période qui l’a fortement affecté psychologiquement: "Tout s'est écroulé. Il y a eu beaucoup de douleurs et de problèmes. On peut dire que j'ai fait toute ma carrière internationale avec beaucoup de problèmes à cause des opérations et je boitais. Je ne pouvais rien faire sans douleur. J'étais vraiment handicapé et les médecins ne pouvaient pas m'aider. J'avais un peu peur."

Aujourd’hui, Marco van Basten est encore handicapé au quotidien par ces anciennes blessures: "Je n'ai pas de douleur mais je suis limité. Je ne peux pas jouer au tennis ou au football. Mais je joue au squash et je suis heureux. Avec le recul, j'ai eu le sentiment que c'était dommage que je ne puisse pas terminer ma carrière après avoir remporté d'autres titres de la Ligue des champions. Je voulais montrer plus de moi-même. Certains joueurs ont 18 ans de carrière dans le football. Mais certains joueurs sont blessés avant de commencer. Quand je pense à cela, je me dit, si je compare avec cela, j'ai eu beaucoup de chance. Au moins, j'ai eu 10 ans d'une belle expérience qui a changé ma vie pour toujours".

ALR