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VIDEO - "Le Vestiaire" : la poignante confession de Leboeuf sur la préparation de France-Brésil 1998

Dans l’émission « le Vestiaire » diffusée sur SFR Sport 1 vendredi, Frank Leboeuf a ravivé le souvenir de la préparation de la finale de Coupe du monde France – Brésil en 1998. Pour la première fois, l’ancien défenseur évoque la terrible solitude qui l’a accompagné pendant ces quelques jours marqués par l’absence de soutien du sélectionneur Aimé Jacquet.

On se souvient de la folie, partout en France, après ce doublé éternel de Zizou et la folle cavalcade d’Emmanuel Petit. On associe l’épopée France 98 à un enchainement idyllique. Mais tout n’a pas été si simple dans la construction du seul titre de champion du monde tricolore de l’histoire. Demi-finale, France-Croatie (2-1). Taulier de l’axe défensif français, Laurent Blanc est expulsé (74e) après une altercation avec Slaven Bilic. Un carton rouge vécu comme une injustice par la France entière. Débute alors pour son successeur Frank Leboeuf des jours sous immense tension, quasiment seul contre tous, y compris son propre sélectionneur et ses coéquipiers.

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« Je n’aurais pas dû être là. C’était un match très difficile pour moi. Tu allumais le TV, tu regardais les journaux, les magazines, c’était comment on pouvait faire pour gagner sans Laurent Blanc. Tu te sens comme une merde. Aimé Jacquet ne m’a pas parlé pendant trois jours. Je ne sais pas pourquoi. Je n’ai jamais eu d’explication. Je lui en ai voulu », a raconté l’ancien défenseur dans l’émission le Vestiaire sur SFR Sport 1.

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« Pas un joueur n’est venu me voir »

« Je connaissais Bilic. Il jouait à West Ham. On s’était vu à Londres. Au moment du carton rouge de Blanc, je suis en train de chambrer Lionel Charbonnier qui est notre troisième gardien. Alain Boghossian était sur le point de rentrer. Là, soulèvement de la foule, j’entends Aimé qui me dit Frank, tu rentres. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Le match se termine. Je me retourne. Bilic est là, il me prend dans ses bras, raconte Frank Leboeuf. Il me dit bonne chance pour la finale. Le lendemain, Didier Deschamps et Marcel Desailly ont placardé à la cantine à Clairefontaine cette photo-là. Je n’ai pas apprécié. »

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« On est entré au vestiaire après le match. Il y avait une gêne terrible. Pas un joueur dans les jours qui ont suivi n’est venu me voir pour me dire t’inquiète pas, on a confiance. Pas un mec. Je me suis senti tout seul. Je remercie deux personnes. René Girard et José Touré qui travaillaient pour une télévision. Ils ont dit il faut arrêter avec ça. Je n’en veux à personne 16 ans après. J’avais dit à mon ex-femme, si on perd, ce sera tout pour ma gueule, on ne reviendra jamais vivre en France. Je dis toujours, c’est le pire et la plus grande soirée de ma vie. Je n’en ai jamais parlé avec Jacquet. A la fin du match, on me voyait à côté de lui. Je lui en ai voulu énormément. Je n’ai pas compris. J’avais besoin de sentir un certain amour. Il y a prescription. Quelque fois, je me pose la question. Et si on n’avait pas gagné ? »

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la rédaction