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Compton, le golfeur aux trois cœurs

Erik Compton

Erik Compton - -

Erik Compton est un miraculé de la vie. Ce golfeur de 30 ans qui a frôlé plusieurs fois la mort a déjà subi deux transplantations cardiaques. Après s’être embrasée sur les déboires de Tiger Woods et enflammée sur la victoire de Phil Mickelson au Masters, l’Amérique pourrait s’emballer pour ce golfeur increvable.

Pebble Beach. Le bout du continent américain. Là où les espoirs de beaucoup de golfeurs ont plongé au fond du Pacifique entre Etats-Unis et Japon. Un cimetière de balles perdues qui est pour l’espace de quatre jours le lieu d’une nouvelle naissance pour l’Américain Erik Compton. Lui qui a déjà ressuscité plusieurs fois. Agé de 30 ans, ce Floridien va disputer son premier US Open de golf sur les greens californiens. Derrière les champions de l’Amérique comme Tiger Woods ou Phil Mickelson, Compton est aussi un de ses héros de l’Oncle Sam. Certes, celui qui est l’un des meilleurs au drive du circuit américain ne sera surement jamais une grande idole de la petite balle blanche mais son histoire est incroyable. Celle d’un miraculé qui brûle de la passion du golf mais dont le corps se consume en même temps. A 9 ans, on détecte chez lui une cardiomyopathie qui fait gonfler son cœur. A 12 ans, il est le plus jeune transplanté du cœur de l’hôpital de Floride du Sud ce qui ne l’empêche pas de devenir ensuite le numéro un junior aux Etats-Unis. Sa trajectoire est toute tracée vers les sommets du golf professionnel quand son cœur fait le yo-yo avec sa vie. Après un tournoi, il file en urgence se faire réparer une artère bouchée. « Les docteurs disent qu’il est très fort raconte sa mère Eli. C’est pour cela qu’il a survécu. C’est un combattant qui veut atteindre son but. »

Il adore réussir les choses difficiles

Son cœur de remplacement lâche en 2007 dans une attaque cardiaque qui manque de lui prendre la vie. Son corps accueillera un troisième cœur, le deuxième de remplacement quelques mois plus tard. Accroché à ses rêves de succès comme à la vie, il arrache cette année son ticket pour l’US Open. Alors qu’il a déjà participé à un Masters, c’est la première fois de sa carrière qu’il se retrouve dans ce champ de stars. Jamais il n’avait survécu à l’épreuve des qualifications qu’il dispute depuis l’âge de 16 ans : « J’adore réussir les choses les plus difficiles » explique simplement ce pécheur confirmé qui traque le poisson au large de Miami. Ce futur père de famille qui prend encore des médicaments anti-rejets a le droit d’utiliser une voiturette lors des tournois car il est rapidement fatigué par les longs déplacements à pied sur un parcours. Malgré les embûches de la vie et un physique modeste pour le golf pro (1m73 et 68 kg) sa carrière est plus qu’honorable. En 2004 il a dominé le circuit canadien avec 2 victoires ainsi qu’un succès au trophée Hassan-II en 2005. Ce jeudi, pour son entrée en lice à Pebble Beach, il s’accrochait à une 26e place provisoire au 7e trou. A ce rythme-là, il devrait passer le cut. Le cœur de l’Amérique bat pour celui qui en a eu trois.

M.M.