RMC Sport

Levet, le chasseur sachant chasser

Thomas Levet

Thomas Levet - -

Le doyen des golfeurs français a sonné la charge lors du troisième tour de l’Open de France ce samedi. Annoncé à la retraite, il a prouvé que sa « mort » golfique pouvait attendre encore un peu. Il pointe à la 4e place avant la dernière journée ce dimanche.

« L’Albatros », le surnom du parcours du golf national, était presque dompté, les ailes cisaillées sous la mitraille d’un vieux chasseur pendant 17 trous. Six « birdies » (un coup sous le par) dans les ailes. Mais « l’animal » de Saint-Quentin en Yvelines ne se rend pas comme le premier pigeon venu. Un coup de bec et Thomas Levet rature le 18 avec un double bogey (deux coups sur le par). Rageant ? « Pas grave », rétorque le Parisien. Nombreux s’y sont noyés pourtant. « Le tournoi aurait pu être fini pour moi », positive Thomas Levet, qui ne s’est jamais imposé à l’Open de France. Souvent décrié pour son putting bizarre, il contemplait avec un grand sourire sa carte du jour.

Le parcours francilien a agi comme un bain de jouvence sur le garçon de 43 ans, qui signe le meilleur score ex-æquo de cette avant-dernière journée (-4). Impassible comme un vieux maitre et détendu comme une liane, Levet a pu compter sur le soutien des 15 000 personnes présentes sur le green. Au 18, la foule s’est ouverte devant lui : « J’avais l’impression d’être un coureur du Tour de France dans la montée de l’Alpe d’Huez. C’était magique. » En une après-midi, l’ancien 2e du British Open (2002) a prouvé qu’il avait toujours des cartouches à la ceinture. Et que les avances du Senior Tour le laissaient indifférent.

« C’était l’Alpe d’Huez »

Rio 2016, avec l’arrivée du golf aux Jeux Olympiques, et la Ryder Cup 2018 sur ce même parcours de Saint-Quentin-en-Yvelines font réfléchir le doyen des golfeurs tricolores. « Aujourd’hui, c’était un peu ma Ryder Cup et si je joue toujours comme ça, c’est sûr que je serai dans l’équipe en 2018 », glisse-t-il l’œil malicieux. Les Anglais Morrison et Foster sont au bout du fusil (trois coups). Ce n’est pas Marcel Pagnol qui dirait qu’il est impossible d’abattre deux oiseaux d’un seul coup. Mais Levet ne sera pas seul à vouloir la peau des Anglais. Dimanche, ils seront 20 000 à pousser derrière lui.