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Adieux amers pour les Experts

Nikola Karabatic

Nikola Karabatic - -

Bousculés et dominés par la Croatie mercredi soir, les Bleus s’inclinent lourdement en quart de finale du Mondial 2013 (30-23). Le double tenant du titre prend la porte à l’issue d’une défaite qui marque sans doute la fin d’une époque.

Le visage hagard de Dinart. Le regard perdu de Karabatic. Le masque de Claude Onesta, mains sur les hanches. Tandis que les Croates exultent, le poing fièrement brandi vers le ciel, les Bleus se cachent pour pleurer. L’orgueil n’aura pas suffi. Le courage non plus. Le rêve d’une cinquième étoile mondiale est passé. Comme celui de briguer une troisième couronne consécutive. L’élimination des Experts, ce mercredi en quart de finale du Mondial 2013 par la Croatie (30-23), est amère. Mais logique, tant les Français n’ont jamais su se mettre au diapason de l’événement, ni au rythme d’adversaires beaucoup plus actifs, entreprenants, réalistes, à l’image d’un Luc Abalo complètement à côté de son sujet (2/7 au tir). Ou de cadres aux abonnés absents, ou au réveil tardif, comme Nikola Karabatic, qui attendra la 44e minute de la rencontre pour inscrire son seul et unique but de la soirée.

Mercredi soir, les Experts n’avaient rien de leur surnom, tant ils ont alterné le bon et le moins bon, le précis et l’imprécis, sans trouver les solutions posées par la défense croate. Sans parvenir à prendre la mesure d’un Mirko Alilovic grand, très grand, voire trop grand même pour les attaquants français. Pourtant, la soirée avait bien débuté. 47 secondes de jeu à peine dans ce quart de finale et les demi-finalistes des JO de Londres voient rouge, pour une cravate de Drago Vukovic sur Xavier Barachet. Cela aurait pu perturber le camp croate. Il n’en a rien été.

Guigou : « On n’a pas été à la hauteur »

Les partenaires du futur Parisien Igor Vori ont fait parler la poudre. Tout le temps, profitant d’une défense française apathique. Et derrière, si ce n’est pas le talent d’Alilovic qui a mis en échec les tentatives tricolores, ce sont les Experts eux-mêmes qui se sont savonné la planche, la faute à un réalisme beaucoup trop approximatif, Cédric Sorhaindo excepté (5 buts). Très proches à la pause (12-13), les Bleus, malgré une envie et de meilleures dispositions en deuxième période, n’arrivent pas à renverser la vapeur. Pire, une série d’événements contraires (décisions arbitrales, transversale sur un lob de Sorhaindo) et la furia croate finissent par emporter les derniers espoirs tricolores. Eliminés, corrigés en fin de partie (30-23), les champions olympiques filent déjà dans la nuit espagnole.

« Est-ce que la marche était trop haute ? Oui et non. On n’a pas été à la hauteur, juge l’ailier gauche Michaël Guigou (4 buts). On a été dominé du début à la fin. On manquait de fraicheur mentale pour mettre le coup d’accélérateur. C’est une déception. Quand on gagne tant de fois et qu’il y a tant d’amertume et de déchirement des équipes adverses, eux, ils ont le courage et le potentiel de pouvoir accélérer par moment, avec cette détermination et cette rage qu’ils ont par rapport à nous. On l’a très bien senti. » L’après ? Daouda Karaboué a annoncé sa retraite avant le début de la compétition. Didier Dinart aussi. Guillaume Gille a dit stop depuis les JO de Londres, son frère Bertrand pas encore. Jérôme Fernandez réfléchit et Thierry Omeyer s’interroge également. L’incertitude est encore de mise pour certains mais une certitude se dégage, déjà, inflexible : la période dorée des Experts (JO 2008 et 2012, Mondiaux 2009 et 2011, Euro 2010) a pris fin. A charge pour le camp français, désormais, de se pencher vers l’écriture d’un nouveau livre.