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Mondial de hand: comment les Bleues comptent s’en sortir

Dans une situation difficile au Mondial 2019 après une défaite face à la Corée du Sud et un match nul contre le Brésil, l'équipe de France féminine de handball est sous haute pression en vue de la qualification.

"J’ai l’impression d’être revenu 7 ou 8 ans en arrière, voire plus". Dimanche au coup de sifflet final du match contre le Brésil (19-19) le sélectionneur de l’équipe de France ne cachait pas son inquiétude après la performance de son équipe championne du monde et d’Europe en titre. 24 heures plus tard et après une journée de repos studieuse, le coach et son staff comptent bien chercher le déclic psychologique chez les joueuses pour se sortir de cette situation. 

Après la défaite inaugurale contre la Corée samedi et le match nul d’hier face au Brésil, les joueuses de l’équipe de France sont au pied du mur, ou plutôt "au bord de la falaise" comme le dit Olivier Krumbholz. Elles n’ont plus le choix. Pour ne pas risquer d’avoir à suivre le tour principal devant la télé, elles doivent désormais gagner les trois derniers matchs du premier tour (Australie, Allemagne et Danemark) pour se qualifier pour le tour principal.

Dimanche soir, dès leur retour à l’hôtel les joueuses de l’équipe de France se sont réunie autour du préparateur mental Richard Ouvrard. "Je pense que collectivement c’est une aide pour l’équipe. Cela nous a beaucoup aidé en 2016 quand il est arrivé. Il continue de nous aider lors des réunions que l’on a avec lui. Mais chaque joueuse a une manière différente d’appréhender ce genre de réunion", admettait aujourd’hui la pivot Béatrice Edwige.

Gérer les têtes, c’est visiblement la priorité du sélectionneur Olivier Krumbholz. "Nous sommes clairement sur une difficulté dans le domaine du mental", admet-t-il. D’ailleurs, le fait d’être déjà qualifié pour les JO n’y serait pas pour rien. "On a toujours joué ces championnats du monde pré-olympique avec une rage folle parce qu’on n’était pas qualifié pour les Jeux Olympiques. Aujourd’hui on gère mal le fait que l’on est déjà olympique, doublé chez certaines d’une peur de ne pas y être. Ça devient très compliqué dans les têtes" poursuit Krumbholz. 

Krumbholz: "On va remettre sérieusement de l’ordre dans la maison"

Pour ne rien arranger le staff de l’équipe de France, et en premier lieu le sélectionneur semble s’inquiéter de la joie de vivre de ce groupe qui semble avoir disparu au Japon. "Certaines sont fort mécontentes de leur performance individuelle mais ce n’est pas une bonne raison pour faire la gueule". Un constat partagé par la demi-centre Grâce Zaadi: "Ca se voit sur le terrain. On performe quand on prend du plaisir à jouer ensemble. Sur les deux derniers matchs il y avait moins de sourires. Beaucoup, beaucoup moins de sourires et d’enthousiasme. Ça manque, mais je pense que c’est en corrélation avec ce qu’on propose en terme de jeu".

Les Bleues sont désormais en mode commando pour terminer le premier tour avec trois victoires qui s’annoncent impératives. Alors que les organisateurs du championnat du monde avaient prévu une virée shopping pour elles dans un centre commercial de Kumamoto ce lundi matin, peu de filles ont répondu présent. Préférant le repos ou le travail avant un entrainement de 45 minutes dans un gymnase en début d’après-midi. Une "réunion très importante" selon le staff a ensuite été organisé en fin de journée pour tenter de trouver le fameux déclic psychologique, mais aussi pour remettre tout le monde dans le bon sens. "On ne travaille pas avec assez de rigueur et de discipline. On va remettre sérieusement de l’ordre dans la maison. Plus l’art est travaillé et plus il est maîtrisé", expliquait fermement Olivier Krumbholz juste avant ce rendez-vous… 

Antoine Arlot au Japon