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Fernandez : « Je ne suis pas inquiet »

Jérôme Fernandez

Jérôme Fernandez - -

Eliminée dès le tour principal du dernier Euro en Serbie, l’équipe de France a connu son premier accroc depuis 4 ans. Jérôme Fernandez, le capitaine de Bleus, se livre sans détour sur cet échec et s’avoue confiant en l’avenir, notamment pour les Jeux Olympiques de Londres.

Jérôme, avec le recul, comment jugez-vous la performance des Bleus à l’Euro ?

On est dans la lignée de ce que j’avais déjà analysé à chaud. On avait une équipe bourrée de talent qui a tout fait pour arriver au complet au début de l’Euro, donc on ne s’est pas beaucoup frictionné pendant la préparation. On s’est fait mal individuellement dans le travail physique, mais dans les duels à l’entraînement, ce n’était pas ce que l’on faisait d’habitude. On a fait preuve d’un peu moins de réussite qu’en Autriche deux ans auparavant (2e sacre de champion d’Europe, ndlr). En plus, il y a eu beaucoup de doutes au niveau collectif et individuel.

Une remise en question s’impose-t-elle ?

Je pense qu’au niveau du fonctionnement global de l’équipe et de l’état d’esprit, tout est bon. Après, pendant la préparation pour les JO, il faudra mettre beaucoup plus d’intensité et d’agressivité dans les duels. A vouloir être trop justes au niveau tactique, on perd un peu d’agressivité individuelle et ça nous coûte cher. Mais cela sera différent pour la préparation des JO. Cela durera six semaines, il n’y aura que 14 places, donc cela va forcément créer de l’émulation au sein du groupe.

Quelles conséquences cet Euro manqué peut-il avoir sur les JO de Londres ?

C’est difficile à dire maintenant, mais je pense qu’elles seront minimes. Le groupe a beaucoup vécu ensemble. Pour ceux qui n’avaient connu que des podiums ou des médailles d’or, il va y avoir une grosse remise en question. Mais pour nous, les plus anciens, qui nous sommes longtemps battus pour une 7e ou une 8e place, c’est plus un accident de parcours. Tout le monde sera très motivé cet été pour faire partie du voyage à Londres. Dans la foulée, il y aura un Mondial au mois janvier où on aura envie de défendre notre double titre de champion du monde. Pour les mois à venir, je ne suis pas inquiet. Après, il faudra s’appuyer sur une autre charnière.

« Nikola Karabatic va rebondir et se reconstruire »

Avec le décès de votre mère, cette compétition a été une souffrance pour vous sur le plan personnel…

Oui, mais ça a aussi été une grosse source de motivation. Le fait d’être là pour faire honneur à ma maman et qu’elle soit fière de moi devant son écran pour ses derniers jours, je pense que c’est quelque chose que je lui devais bien. Pour avoir déjà vécu ça pour mon père en 2009 en Croatie, je savais que ce n’était pas insurmontable. Ça a été très dur car perdre un parent est toujours délicat. On a envie d’être à leur côté plutôt que sur un terrain, mais c’était le souhait de ma maman et je l’ai respecté jusqu’au bout. Malheureusement, elle est décédée 24h après le match contre l’Islande.

Ce drame a-t-il renforcé vos liens au sein du groupe ?

J’ai vu mes coéquipiers très touchés car ils connaissaient bien mes parents et notamment ma maman. Mes parents étaient très appréciés par tout le groupe et peut-être qu’eux aussi ont eu envie de donner un petit plus pour me faire sentir qu’ils étaient de tout cœur avec moi.

Comment analysez-vous la défaillance de Nikola Karabatic durant cet Euro ?

Nikola est un grand champion et tout le monde pensait qu’il allait rebondir après le premier match contre l’Espagne. Avec du recul, on se rend compte qu’il a traversé cette compétition sans réaction. Je pense que c’est dû à l’absence de son papa (décédé en mai 2011, ndlr) puisque c’est la première compétition durant laquelle il n’était pas là. Le fait que sa maman n’ait pas encore fait son deuil ne facilite pas les choses non plus. Il n’était pas dans les meilleures dispositions psychologiques, mais on était tous certains qu’il allait surmonter cela et nous faire au moins un ou deux bons matchs, ce qui n’a pas été le cas. Je sais qu’il va rebondir et se reconstruire psychologiquement dans les mois à venir. C’est quelque chose qui va le rendre encore plus fort.