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Fernandez : « Un bon moyen de déstabiliser Onesta »

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Le capitaine de l'équipe de France, qui a signé un contrat de quatre ans avec Toulouse à partir de l’an prochain, espérait débuter sous ses nouvelles couleurs dès ce mois d’avril en tant que joker médical. Le véto de la CNACG et de la Ligue l’oblige à poursuivre sa saison à Kiel. Il revient sur les vraies raisons de son transfert raté.

Jérôme Fernandez, avec le recul, comment vivez-vous la décision de la CNACG ?
Franchement, c'est dur à encaisser, parce que je m'étais fait à l'idée de rentrer très vite en France et d'aider le club de mon avenir à se maintenir en première division (Ndlr : Jérôme Fernandez a une clause dans le contrat qu'il a signé avec Toulouse, qui stipule qu'il ne jouera avec le club toulousain que si celui-ci se maintient en première division). Je peux comprendre les arguments de la CNACG et les réactions des autres clubs qui sont à la lutte avec Toulouse pour le maintien. Mais c'est dur à digérer. Parce qu’à Toulouse, j'aurais joué un grand rôle sur le terrain, alors qu’à Kiel, je suis confiné sur le banc de touche.

Cette décision donne l'impression que le hand français n'a pas su saisir l'occasion de faire revenir en France l'un de ses grands joueurs, et donc de médiatiser d'avantage le championnat français ?
C'est un peu l'impression que j'ai aussi. Quand on a l'occasion de voir des joueurs de l'équipe de France revenir dans le championnat, et que l'on se permet de repousser l'échéance ou de leur dire non, je trouve ça un peu déplacé. On a envie de leur dire : « Bah débrouillez-vous avec votre championnat, nous on reste dans les meilleurs clubs européens. » Et dire qu’en janvier, on m'a demandé de défendre le championnat français et d’attirer des sponsors et des droits télé ! Quand je vois ce qu'il se passe, ça me fait mal. Je me dis qu’il n'y a pas un juste retour des choses. Nikola Karabatic est revenu en France et on lui a déroulé le tapis rouge. Moi j'ai l'impression que je n'étais pas le bienvenu. En tout cas, pour cette fin de saison à Toulouse.

Avez-vous l'impression qu'il y a eu une cabale contre le club de Toulouse ?
Il y a beaucoup de gens qui associent le club de Toulouse à Claude Onesta et qui jalousent son parcours en tant que sélectionneur. Ils savent que s'ils peuvent le déstabiliser, c'est à travers son club de toujours. Or Toulouse est aujourd'hui dans une situation sportive délicate. Bah voilà, c’est effectivement le bon moyen de déstabiliser un sélectionneur qui surfe sur des vagues de bons résultats avec l'équipe de France. Malheureusement, je pense qu’il y a beaucoup de gens en France qui n'ont pas envie que le club de Toulouse se développe. Si ça avait été pour faire une pige de deux mois à Chambéry, ça n'aurait pas posé de problème.