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France-Croatie : Fernandez, capitaine à la dérive

Jérôme Fernandez

Jérôme Fernandez - -

C’est avec un Jérôme Fernandez en difficulté que les Experts se présentent face à leur meilleur ennemi, la Croatie, ce mercredi (21h30) à l’occasion des quarts de finale du Mondial. Le capitaine des Bleus reconnaît sa méforme mais compte bien rebondir, car il y a urgence.

Jérôme Fernandez est dans le dur. Aucun but face à l’Allemagne (30-32) et l’Islande (30-28), un temps de jeu qui ne cesse de diminuer (117 minutes en 6 matches) et des performances approximatives. Le capitaine des Bleus (36 ans, le 7 mars prochain) n’est pas au mieux avant d’aborder le quart de finale du Mondial face à la Croatie, mercredi à Saragosse (21h30). Des difficultés que le meilleur artilleur de l’équipe de France (1374 buts) assume et reconnaît.

« C’est un peu compliqué pour moi, confie le Toulousain. Physiquement, je me sens bien, je n’ai pas de problème. Mais depuis le début de la compétition, je ne suis pas à l’aise dans le jeu. Du coup, je ne suis ni en confiance, ni en réussite. C’est donc difficile de rentrer en cours de match. Et puis, j’ai l’impression de ne pas apporter, c’est frustrant. »

Onesta : « Ce n’est pas inquiétant »

Aligné à quatre postes différents depuis le début de la compétition (arrière gauche, demi-centre, pivot et arrière droit), l’homme aux 350 sélections a du mal à trouver sa place dans cette équipe. « Ce n’est pas le mieux quand on ne se sent pas bien au niveau des repères sur le terrain. Je le prends aussi comme une marque de confiance. Ça me permet de ne pas sombrer. J’ai envie de continuer à m’améliorer et de montrer qu’on peut encore compter sur moi. »

Un passage délicat traversé par le triple champion du monde (2011, 2009, 2011) qui ne l’empêche pas d’avoir encore la confiance de son sélectionneur, Claude Onesta. « L’utilisation qui est faite de Jérôme ne l’aide pas à se construire. Quand on est moins bien, c’est dur de se régler quand on n’est jamais sur le même poste, assure le patron des Experts. Il y a des joueurs qui sont en souffrance, dont on sait que leur corps est en train de devenir une limite, mais ce n’est pas le cas de Jérôme. Ce n’est pas inquiétant. Sur les dernières compétions, il y a toujours des cadres qui sont passés au travers durant les compétitions en équipe de France. »

Un « grand sage » à réaction

Malgré ses performances en demi-teinte, marquées par de grandes difficultés au tir (seulement 6 sur 19 à 9 mètres), « le grand sage » entend bien retrouver son meilleur niveau mercredi face aux Croates, meilleurs ennemis des Bleus. « L’aspect psychologique individuel, c’est quelque chose de difficile à cerner, assure Jérôme Fernandez. Certaines fois, on a du mal à s’en sortir et d’autres fois, sans savoir pourquoi, ça vient sur un match et à partir de là, tout s’enchaine. »

Invaincue depuis 5 ans face aux Croates en match éliminatoire, la troupe à Nikola Karabatic aura bien besoin de son éternel capitaine pour écarter l’équipe qui développe certainement le plus beau jeu du tournoi et ne pas voir l’aventure espagnole être stoppée prématurément.