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Handball: les Bleus à l’assaut de leur qualification olympique, entre doutes et certitudes

L’équipe de France de handball entame son tournoi de qualification olympique contre la Croatie ce vendredi à Montpellier (21h), avant d’affronter la Tunisie puis le Portugal. Des Bleus sous pression avant cette compétition, puisqu'ils ne sont plus aussi dominateurs que par le passé. La peur d’une non-qualification est présente.

Cela faisait treize ans que l’équipe de France de handball n’était pas passée par un TQO pour décrocher un billet pour les Jeux olympiques. Ce sera le cas ce week-end à Montpellier, avec trois matchs au programme face à la Croatie, la Tunisie et le Portugal. A l’époque, Guillaume Gille, l'actuel sélectionneur, était encore sur le terrain au poste de demi-centre, et Mickaël Guigou, le capitaine, faisait déjà partie des meilleurs ailiers gauches du monde. "Mais le contexte était différent. En 2008, on était au-dessus, sur une dynamique de domination, analyse-t-il. Aujourd’hui, même si on a fait une dernière belle compétition, ça va être la guerre."

Lors du dernier Mondial en Egypte, les Bleus se sont rassurés en atteignant les demi-finales, loin du fiasco du dernier Euro il y a un an où la France avait échoué à la 14e place et que Didier Dinart, le sélectionneur, avait été démis de ses fonctions dans la foulée. "Mais évidemment qu’il y a encore des doutes, souffle l’ailier droit Valentin Porte. Je ne pense pas qu'on verra une équipe de France qui gagne ses trois matchs de 20 buts. Si on ne finit pas dans les deux premiers, on ne se qualifie pas pour les Jeux olympiques, la compétition que tout sportif rêve de faire. Bien sûr qu’il y a de la pression. Ce serait bizarre qu’il n’y en ait pas."

Guigou: "Une forme d’excitation, d’incertitude et de détermination"

En Egypte, la France a vu ce qu’il lui manquait encore pour goûter de nouveau au podium d’une grande compétition même si elle a enchainé sept victoires de rang contre de grosses nations du hand mondial (Norvège, Portugal). "On n’a pas montré suffisamment de régularité sur la compétition ou dans nos matchs, poursuit Guigou. C’est arrivé par moments mais pas autant que par le passé. Cette équipe a besoin de travailler, de continuer à être exigeante. Mais il y eu de très bonnes choses au Mondial."

Ce TQO s’annonce également éprouvant physiquement pour des joueurs qui enchainent sur des cadences infernales depuis le début de saison et vont devoir livrer trois matchs de très haut niveau en trois jours. "On a privilégié la récupération, confie le sélectionneur Guillaume Gille. En quatre jours de travail, on ne peut pas tout révolutionner. Ce TQO génère chez nos joueurs une pression particulière, une attente spéciale. Ce projet olympique a beaucoup de sens pour nous. Il y a une forme d’excitation, un peu d’incertitude et beaucoup de détermination."

Guillaume Gille face à ses joueurs
Guillaume Gille face à ses joueurs © AFP

"Ne pas aller aux Jeux ? C’est une réalité" prévient Guigou

Sur le papier, les Bleus sont favoris entre une Croatie moribonde, 15e du dernier Mondial et qui a perdu son sélectionneur historique Lino Cervar, démissionnaire, un Portugal dominé largement il y a quelques semaines (32-23) et une Tunisie qui fait office de petit poucet, mais le spectre d’une non-participation aux Jeux est bien présent. "C’est une réalité, enchaine Mickaël Guigou (39 ans) et qui dispute potentiellement sa dernière compétition avec les Bleus. C’est ce qui doit nous motiver encore plus. Il faut regarder cette réalité en face. Ce n’est pas quelque chose qui doit nous effrayer, au contraire… C’est une donnée qui doit nous motiver, nous pousser à avoir un niveau encore plus fort mentalement et physiquement." L’équipe de France, double championne olympique en 2008 et 2012, finaliste en 2016, a en tout cas un héritage à faire perpétuer en décrochant une 8e qualification consécutive pour le hand français masculin aux Jeux olympiques.

Nicolas Paolorsi