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L. Karabatic : « Niko est un mauvais perdant »

Nikola Karabatic

Nikola Karabatic - -

Mercredi soir, les Experts ont dominé l’Argentine (35-30) avec Luka et Nikola Karabatic titulaires. Avant de retrouver les Sud-Américains dans la nuit de vendredi à samedi (2h30), les deux frères se livrent sur leurs retrouvailles en sélection.

Luka, Nikola, comment avez-vous vécu votre première réunion sous le maillot des Bleus ?

L.K : J’étais très content d’apprendre cette nouvelle. J’avais un peu de mal à y croire. Quand Nikola me l’a appris, j’étais très fier. Représenter son pays, à la base, c’est quelque chose de fort. Alors le faire avec son frère dans l’équipe, ça le devient encore plus.

N.K : Pour un sportif, c’est un bonheur de jouer avec son frère en club, alors en sélection… Ça me donne encore plus de plaisir d’être là. Je ne sais pas si je serais allé au stage sans lui. Mais vu que Luka était retenu, la question ne se posait pas.

Sur le terrain, c’est vous, Nikola, qui jouez le rôle de guide…

N.K : Luka a repris le hand depuis trois ans. Il a une progression étonnante. En tant que grand frère et joueur plus expérimenté, je me dois de lui apporter toute mon expérience. Je l’aide sur le terrain, mais aussi en-dehors, dans son comportement et auprès du public. Je suis parfois dur avec lui parce que je veux qu’il réussisse.

L.K : Il me donne des conseils au quotidien. Vu que ça fait un petit bout de temps qu’il est dans cette équipe, il essaye de m’aider à m’intégrer. Il m’apporte toujours quelque chose, comme les enclenchements sur le terrain.

Si vous deviez vous comparer tous les deux…

L.K : C’est difficile… c’est comme si on me comparait au meilleur joueur au monde. Je dois le rattraper dans tous les domaines. C’est à moi de travailler pour essayer de corriger mes défauts.

N.K : On ne joue pas du tout au même poste. Moi ça fait vingt ans que je fais du hand. Luka, ça fait seulement quatre ans qu’il a repris.

« Je suis parfois dur avec Luka »

Les qualités de l’un, sur et en dehors du terrain ?

L.K : Niko, c’est un battant extraordinaire. Il a une rage de vaincre qui est au-dessus de la norme. Après, en dehors du terrain, c’est quelqu’un de généreux.

N.K : Malgré son gabarit (il mesure 2,02 m, ndlr), il se déplace très vite et court plus longtemps que les autres joueurs. Il s’est étoffé et commence à être vraiment costaud physiquement. Il est très grand et il est très dur à contourner.

Et un défaut ?

L.K : C’est un mauvais perdant. Mais ça m’arrive de l’être aussi.

N.K : Il doit encore beaucoup apprendre, notamment en attaque sur le poste de pivot. Il faut qu’il ose plus. Il ne doit pas avoir peur de rater. Après… (sourires) c’est mon frère. Il a toutes les qualités et zéro défaut.

Luka, cette participation au stage de fin de saison en Argentine peut-elle vous ouvrir des portes vers un avenir en Bleu ?

L. K : Il n’y a pas de garanties. Ma sélection intervient alors que des joueurs majeurs sont au repos et soignent leurs petits bobos. Moi, je saisis cette occasion pour montrer que je peux, un jour, avoir ma place dans cette équipe. Il y a des joueurs qui sont installés devant moi, qui sont au top niveau mondial. Pour moi, on verra plus dans le futur…

N. K : Bien sûr qu’il peut s’inscrire dans la durée. Claude Onesta ne l’aurait pas sélectionné s’il ne croyait pas en lui. Certes, il manque des joueurs majeurs mais ce n’est pas non plus une équipe de France B qui se trouve en Argentine. Sa polyvalence en défense est un atout. Luka est un type de joueur qu’on n’a pas en équipe de France. Il faut encore qu’il progresse en attaque mais il nous apporte déjà beaucoup.