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La répétition de la finale ?

Ce soir, à Zagreb, l’équipe de France affronte la Croatie pour le dernier match de poule. Le match s’apparente plus à une répétition de la possible finale de dimanche.

« On s’en fout ! », raconte ce joueur français qui préfère garder l’anonymat pour ne pas froisser la susceptibilité locale. Un brin excessif ? Pas forcément. Cette remarque résume bien le sentiment général. Pourquoi dépenser de l’énergie alors que Français et Croates sont déjà qualifiés pour les demi-finales ? Pourquoi jouer à fond contre une équipe que les Bleus retrouveront peut-être pour le titre dimanche ? Autant de questions simples pour lesquelles, curieusement, les réponses tardent à venir clairement. Alors forcément, tout le monde s’interroge. « C’est trop tôt pour en parler, il faudra d’abord ressentir le groupe et savoir ce qu’il a dans le ventre », déclare Claude Onesta, sélectionneur psychologue, proche de sa troupe de joueurs.
Les principaux intéressés préfèrent le discours diplomatique du joueur professionnel : « Ce n’est pas le match le plus important pour nous. En revanche, les Croates vont certainement devoir le jouer à fond, car ils ne peuvent pas se permettre de perdre devant leurs supporters », prévient le capitaine Jérôme Fernandez. Comme pour renvoyer la pression dans les esprits croates. Les deux équipes, non contentes d’être déjà dans le dernier carré, se connaissent par cœur et ne voudront pas se dévoiler. « Nous n’avons pas envie de nous montrer et surtout nous ne voulons pas nous faire mal avant les demi-finales », explique Daniel Narcisse.

15 000 spectateurs en transe

Physiquement, ce match pour du beurre tombe très bien pour panser les différents petits bobos bleus : la cuisse de Dinart, l’épaule de Fernandez, la main d’Omeyer. Et de façon générale, il sert à reposer des corps fragiliser par la longueur de la compétition : « Nous avons cinq jours pour préparer la demie ! Alors nous ferons certainement tourner notre effectif », déclare l’ailier Michael Guigou. Bosquet, Joli, Ostertag, Junillon et Kempé, habitués à cirer le banc de touche, auront droit à plus de temps de jeu. Devant un public hystérique. « Quinze mille spectateurs, ce n’est pas un petit détail ! », annonce Claude Onesta.
La salle ornera ses habituelles couleurs : un damier rouge et blanc si caractéristique de la nation croate. Ses chants. Ses cris. Et surtout sa bronca pour le meilleur joueur du monde, Nikola Karabatic. « J’adore ! C’est une vraie marque de respect et cela veut dire que je fais peur et que l’équipe de France fait peur », jubile le joueur de Kiel. Dans ce jeu de dupes, la France laissera volontiers chanter les Croates pour l’Acte I de cette confrontation. S’il y a un acte II, il est programmé dimanche à 17h30. Pour une finale que tout le monde annonce depuis Pékin en août dernier.