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Le réveil a sonné pour les Experts

Jérôme Fernandez

Jérôme Fernandez - -

Battue d’entrée par l’Espagne (26-29), l’équipe de France de handball, championne d’Europe en titre, joue son avenir dans la compétition, aujourd’hui face à la Russie (18h15). Hier, au lendemain du couac, l’heure était à la remobilisation. Avec Claude Onesta à la baguette.

Comme prévu, la défaite contre l’Espagne (29-26) a fait mal. Les joueurs de l’équipe de France ont eu du mal à trouver leur sommeil. On a vu Didier Dinart arpenter les couloirs de l’hôtel des Bleus à Novi Sad en pleine nuit. Quelques heures plus tard, Claude Onesta a changé le programme de ses troupes. Version musclée. « J’aurais pu les laisser dormir, mais ce n’est pas ce que j’ai fait… » Après le petit déjeuner entre 8h et 9h, les Experts ont eu droit à une réunion puis une séance de réveil musculaire. « Cardio, muscu », raconte Xavier Barachet. Réveil, maître mot du sélectionneur, et mot d’ordre sur toutes les lèvres après cette première défaite en 19 ans en ouverture d’un grand rendez-vous… « On a fait un non match », reconnait laconique Dinart. « On a subi le combat, ils (les Espagnols) ne nous ont pas laissé souffler », renchérit Onesta.

A 16h, entraînement. Une séance où les joueurs ont dû aller au contact. « C’est compliqué de se faire mal quand tout va bien », analyse en homme expérimenté le technicien des Bleus. Face aux Ibères, la France s’est présentée avec son billet olympique dans la poche, tamponné l’an dernier en Suède. Un autre ticket est prévu au vainqueur de cet Euro (ou au finaliste si la France se succède à elle-même). Les autres devront passer par un tournoi de qualification olympique au printemps… « Nos adversaires jouent leur qualif pour Londres », analyse le capitaine Jérôme Fernandez, l’un des rares tricolores, avec Luc Abalo, à avoir répondu aux assauts de la Roja. « On s’est peut-être un peu embourgeoisé, analyse le sélectionneur. Quand on a moins de peurs, on est plus paisible. » Des cadres (Karabatic, B.Gille, Guigou, Omeyer) aux nouveaux (Barachet, Accambray, Bingo), tous ont été rappelés à l’ordre. « J’ai des inquiétudes par rapport à certains jeunes… », avoue le capitaine Fernandez. « On n’est pas encore en mode compétition, reprend le Toulousain, au nom de tout le groupe. On joue comme en match de gala en France sauf qu’on est en Serbie et que tout le monde veut notre peau ! »

Soudés dans la victoire, fatalistes dans la défaite ? « Ce sont les limites de la démocratie, relativise Onesta. Quand on fait confiance à chacun, on attend que le voisin fasse l’effort nécessaire. » Face à ce manque de réaction, le sélectionneur est monté en première ligne. « C’est à moi de reprendre la main, de régler les solistes quand la musique n’est pas harmonieuse. » Face au Russes mercredi (18h15), les Bleus ont intérêt à accorder leurs violons, et plutôt en mode majeur. « On n’a plus le choix de toute façon, une défaite et on prend la porte », résume Dinart.

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Des Russes prenables|||

Non qualifié pour le dernier Mondial, l’adversaire des Bleus n’est plus l’ogre blanc qui dominait le hand mondial jusqu’à la désintégration de l’URSS. Le dernier fait d’arme de la Russie remonte au titre olympique à Sydney en 2000. Depuis, une médaille de bronze à Athènes en 2004. C’est une équipe qui maitrise ses fondamentaux, possède de grands gabarits, et des joueurs qui se connaissent par cœur pour évoluer presque tous dans le même club à Tchekhov, formation héritière du CSKA Moscou. Même scenario pour les Hongrois que les Experts vont croiser vendredi, issus en majorité de Veszprem.