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Les Experts en demie avec les tripes

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Longtemps menée, la France a su arracher le succès (23-22) face à l’Espagne en quart de finale grâce à un but inscrit à la dernière seconde par le « 15e homme », William Accambray. Les Experts peuvent continuer à rêver de doublé olympique.

Si la France est encore en vie ce mercredi, elle le doit en grande partie à un homme. Du haut de son mètre 94 et de ses 105 kg, William Accambray a enfilé le costume de colosse capable de renverser la montagne espagnole. Quinzième homme en début de compétition, l’arrière de Montpellier a intégré le groupe mardi à la place du fluet Guillaume Joly. Le coup tactique de Claude Onesta qui souhaitait muscler sa base arrière a payé. Entré en jeu en deuxième mi-temps, Accambray a tout explosé sur son passage, inscrivant sept buts dont celui de la gagne à l’ultime seconde.

Condamné aux tribunes depuis le début de la compétition, Accambray a laissé ses états d’âme au vestiaire quand vint l’heure d’en découdre. « J’étais vraiment impatient depuis le début des Jeux. J’avais la boule au ventre quand j’étais dans les gradins à regarder les copains jouer, raconte le géant héraultais. Je savais que je devais entrer sur le terrain pour tout casser. Claude (Onesta) m’a dit de ne pas me poser de questions, c’est ce que j’ai fait. » Au point d’impressionner ses partenaires, à commencer par Luc Abalo. « Il a un bras extraordinaire, ça on le savait, admirait l’ailier. Mais je ne pensais pas qu’il irait avec aussi peu d’appréhension. »

Costantini : « Accambray ? On lui doit tout »

Tout avait pourtant mal commencé pour des Experts écœurés par le gardien espagnol Sterbik, en fusion pendant le premier quart d’heure. Auteur d’une extraordinaire série de huit arrêts sur neuf tirs tricolores, le portier ibère permettait à l’Espagne de regagner les vestiaires avec trois longueurs d’avance (12-9). « L’expérience de cette équipe et de ces joueurs, c’est de se dire que même quand tu démarre mal un match, il faut essayer d’imaginer ce que peuvent être les solutions, analysait le coach Claude Onesta. Il ne faut surtout pas s’affoler et continuer à donner le bâton pour se faire battre. »

C’était avant l’heure du show Accambray, qui permit d’abord aux champions olympiques en titre de revenir puis de s’imposer au terme d’un « money time » de folie. « C’est le genre de joueurs que la délégation française avait caché depuis le début, glissait l’ancien coach des Bleus, Daniel Costantini. Il a apporté une transfusion totale à l’équipe de France. Il a été extraordinaire. Il a marqué des buts, fait des passes. Il a eu de la réussite. Ce dernier tir, c’est encore lui. On lui doit tout. » En demi-finale, les Experts affronteront le vainqueur du match Croatie - Tunisie dont les Slaves seront les immenses favoris. En route pour un extraordinaire doublé, la France les attend de pied ferme. 

Sylvain Reignault avec Rodolphe Massé