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Les Experts sont immortels

Les Experts sur le podium

Les Experts sur le podium - -

Grâce à sa victoire en finale contre la Suède (22-21), l’équipe de France de handball est la première à conserver son titre aux Jeux Olympiques. Insatiables, les Experts ont rebondi de la meilleure des manières après leur Euro raté.

C’est une petite spécialité française. Il y avait eu les « surfeurs de Pékin » ou encore le « boys band de Malmö », qui reprenait « Final Countdown ». A Londres, ils ont choisi de faire comme un certain Usain Bolt. De monter sur la plus haute marche du podium en se passant les mains sur le visage puis en envoyant une flèche dans le ciel. Pourquoi ? Parce qu’ils sont des légendes, eux aussi. Des doubles champions olympiques. Les premiers de l’histoire de leur sport à faire se hisser le même drapeau sur deux éditions consécutives des JO. Pékin 2008, Londres 2012. En quatre ans, les Experts ont remporté cinq titres, deux olympiques, deux mondiaux (2009, 2011) et un européen (2010). Et ils ont survécu à ce que certains ont crû être la fin de l’aventure, cette 11e place à l’Euro en janvier dernier.

Jamais la force de l’habitude n’atténuera l’émotion. Ils viennent de battre la Suède d’un but (22-21), un score qui ne reflète pas un match globalement maîtrisé. Ils explosent de joie. Ils crient. Ils se sautent dans les bras. « Je pense que pour nous, c’est certainement le titre qui est le plus fort, explique Claude Onesta. Lorsque vous avez tout gagné et que tout d’un coup, vous perdez le titre européen mais un peu aussi la face, être capable de revenir… » Il ne finit pas sa phrase. Tout le monde a compris. Il fallait une bonne dose d’orgueil, de confiance, de fierté, pour redevenir les héros qu’ils ont été. Et qu’ils sont pour toujours. Un peu plus tard, le sélectionneur trouve les mots. L’or de Londres, c’était pour « montrer à tout le monde que les patrons, c’est nous ».

Omeyer : « Des moments magiques »

Cet air de revanche, il flottait dans le vestiaire tricolore. Il a imprégné les têtes. « C’est encore plus facile de réenclencher quand tu perds, quand tu es critiqué, quand les gens doutent de toi, estime Nikola Karabatic. Tu sens une petite injustice parce que tu as gagné quatre titres en quatre ans. Et à la première compétition que tu perds, tout le monde te tire dessus, dit que ton équipe est vieillissante, qu’on est presque plus bons à rien. Ça fait mal à l’orgueil. Là, c’est aussi une belle revanche. » « On se rend compte que l’équipe a un mental à toute épreuve, comme d’habitude » souligne Didier Dinart, qui n’était pas le dernier à être pointé du doigt. Même les plus jeunes avaient envie de se rattraper.

« On est tels des phénix, juge Samuel Honrubia. Les gens qui nous avaient enterrés, on les a fait taire. » Et pour la cinquième fois en quatre ans, les Experts ont fait chavirer les supporters français. A Londres, l’ambiance était bleu-blanc-rouge, comme si la présence de la France en finale avait été annoncée dès la mise en vente des billets. « La Marseillaise » est précédée par « Allez les Bleus » et « Qui ne saute pas n’est pas français ». « Ce sont des moments magiques, savoure le gardien du temple, Thierry Omeyer. On a fait une grosse, grosse préparation. On a travaillé dur pour avoir le droit de vivre de tels moments. » « On n’est plus sur le toit, on l’a dépassé » souffle, impressionné, Nikola Karabatic. C’est la plus grande spécialité du hand français. Gagner, encore et toujours.

LP avec RM et P.Ta.