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Les Experts veulent devenir immortels

Daniel Narcisse

Daniel Narcisse - -

Champions olympiques en titre, impressionnants en demi-finales, les Bleus disputeront à nouveau la finale des Jeux Olympiques ce dimanche à Londres face à la Suède (16h). Avec l’objectif de marquer définitivement l’histoire.

Pékin-Londres, quatre ans de vol au-dessus de la planète hand. Du hublot, ils ont vu Zagreb, Malmö et Vienne. Ne sont descendus que quelques jours à chaque escale, pour charger la soute. Deux titres mondiaux (2009, 2011), un sacre européen (2010). Les pilotes sont des Experts. Ils ont décollé en 2008, propulsé par le titre olympique, n’ont connu qu’un seul trou d’air - l’Euro 2012 en Serbie (11e) - et ne veulent pas atterrir sans avoir bouclé la boucle. Comment ? En vainquant la Suède, ce dimanche après-midi (16h). En passant autour de leurs cous une deuxième médaille d’or olympique. En marquant, encore et encore, l’histoire de leur sport. En devenant la première nation à graver son nom d’une édition à l’autre des JO*.

« On va essayer de finir le travail », prévient Didier Dinart. Depuis que le patron de la défense a participé à la démonstration de force contre la Croatie, vendredi, en demi-finales (25-22), plus personne ne doute de sa volonté. Avec Thierry Omeyer, il a reconstruit un mur que l’Euro avait fissuré. Mais il y a sept mois, les têtes étaient ailleurs. « Au fond de nous, le challenge de l’Euro n’était pas celui qu’on voulait vivre cette année », avoue Claude Onesta. L’échec a été utile. Précieux, même, pour que les Experts reviennent selon leur sélectionneur « à ce qui avait fait (leur) force initialement : beaucoup de travail, beaucoup d’humilité, beaucoup de cohésion, beaucoup de confiance ». Le cocktail qui les a rendus intouchables.

Dinart : « Quelques pages vont bientôt se tourner»

Et qui offre les plus belles perspectives. La Suède, même avec le meilleur buteur de la compétition, Niclas Ekberg (44 buts), ne semble pas très menaçante. Car déjà battue en poule (29-26) et privée de son demi-centre, Dalibor Doder (blessé). « Le plus gros adversaire de l’équipe de France, c’est l’équipe de France, juge Patrice Canayer, l’entraîneur de Montpellier. C’est un scénario qui ressemble un peu à Pékin. L’Islande était contente d’être là. Un très bon début de match des Bleus avait annihilé l’enthousiasme islandais (28-23). S’ils rééditent ça, ça devrait bien se passer. Attention à ne pas mettre les Suédois en confiance. Mais j’ai du mal à imaginer la Suède battre la France. » Claude Onesta, avec ce recul érigé en mode de management, n’est pas non plus trop inquiet.

« Si on est capable de vite la mettre sous l’éteignoir, une équipe qui a déjà connu un parcours exceptionnel, qui a déjà obtenu un résultat exceptionnel, peut effectivement se contenter de ce qu’elle a déjà gagné, explique-t-il. Et ça, c’est ce qu’on devra, nous, mettre en œuvre pour espérer qu’elle soit résignée un peu plus tôt dans le match. » Dans le moteur des Experts, il y aura certainement aussi le carburant de l’émotion. Car pour certains d’entre eux, Londres ressemble au terminus. « Il y a quelques pages qui vont bientôt se tourner, reconnait Didier Dinart. C’est quand même bien, pour certains vieux comme moi, de terminer en beauté. » Au sommet. Où ils se sentent tellement chez eux.

* L’URSS, sacrée à Séoul en 1988, et la CEI (Communauté des Etats Indépendants), victorieuse en 1992 à Barcelone, avaient des joueurs en commun (Lavrov, Tchoumak…).

LP avec RM et F.Gi.