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Les Tunisiens n’en rajoutent pas

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Les joueurs tunisiens entament le Mondial de handball alors que leur pays est en pleine crise politique. Mais face aux journalistes, les discours sur le sujet sont contrôlés… et restent donc policés.

« C’est vrai qu’on y pense, mais il ne faut pas mélanger sport et politique. » Dès qu’on aborde le sujet politique, Jaleleddine Touati, joueur de Dunkerque, fixe les limites. « On est là pour jouer une compétition officielle et il faut se concentrer sur le jeu. Mais qu’il s’agisse des joueurs, du staff technique ou de la fédération, on pense vraiment à ce qui s’est passé, à notre peuple et à notre Tunisie. On est cœurs et âmes avec eux. »

Pour les joueurs tunisiens, pas facile de s’exprimer sur les évènements qui embrasent le pays ces derniers jours. Pour obtenir une interview, il faut d’abord passer par les officiels de la délégation tunisienne. Ils veulent des détails, savoir s’il s’agit bien de parler du match et non des évènements en Tunisie. Pendant les entretiens avec les joueurs, des membres de la délégation tunisienne sont présents, pour écouter. Forcément, les discours sont policés.

« C’est sûr que ces évènements nous perturbent un petit peu, admet Heykel M’Gannem, joueur de Saint-Raphaël. On n’est pas habitué à ce genre de truc. On est un pays calme. Ça nous fait mal eu cœur devoir que les gens cassent les monuments de l’Etat. Mais ça n’empêchera pas l’équipe de tout donner pour porter ce drapeau cher à tous les Tunisiens. » En ‘off’, certains joueurs reconnaissent qu’ils ont reçu des consignes pour ne pas s’exprimer sur ce qui se passe au pays.

« Ils en parlent très peu, glisse Alain Portes, entraîneur français de la Tunisie. Ils sont un peu préoccupés et c’est normal. Mais ils essayent d’en parler le moins possible parce qu’on est là pour vivre quelque chose d’exceptionnel. Un championnat du monde, ça se savoure et on n’a pas envie de parler d’autre chose. » Ils semblent de toute façon ne pas avoir le choix.