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Mondial : place aux choses sérieuses pour les Experts

Nikola Karabatic

Nikola Karabatic - -

Malmenée par l’Allemagne vendredi, l’équipe de France défie l’Islande en huitième de finale du championnat du monde, ce dimanche soir à Barcelone (20h15). Les doubles tenants du titre n’ont plus le droit à l’erreur.

On va en savoir beaucoup plus sur le réel niveau des Experts en 2013. A Barcelone ce dimanche soir (20h15), l’équipe de France attaque les matchs couperets du championnat du monde par un 8e de finale délicat face à l’Islande. Stop ou encore ? La route des joueurs de Claude Onesta vers un 5e sacre mondial, le troisième consécutif, peut s’arrêter net, à l’issue de ces 60 minutes. « La compétition commence vraiment à partir des huitièmes, confirmeThierry Omeyer, le gardien des Bleus. On n’a plus le droit à l’erreur. On a l’expérience de ce genre de rencontre, on doit s’en servir. » Les Bleus devront aussi se souvenir de leurs nombreuses erreurs commises vendredi soir face l’Allemagne (32-30). Un revers marqué par une fébrilité défensive inquiétante.

Rendez-vous compte, les champions de tout n’avaient pas encaissé plus de 30 buts dans le temps réglementaire depuis cinq ans (défaite 33-31 contre la Russie) ! « On a été bousculés par les Allemands, admet Omeyer. On n’a pas réussi à les mettre en échec. On doit mettre plus d’impact et être peut-être plus solidaire. » Les Experts douteraient-ils au plus mauvais moment ? Négatif. « Il n’y a pas de doute, assure Xavier Barachet. On sait ce qu’on vaut. » Il faut bien plus qu’une défaite lors d’un match à l’enjeu minime (la 1ere place) pour abattre cette équipe.

Onesta : « Devenir plus méchant »

« Inconsciemment, peut-être que mes joueurs ne sont capables de se mobiliser que pour les matchs à enjeu maximal », analyse Claude Onesta. Ce samedi matin, à la veille du premier grand rendez-vous de la compétition, les joueurs étaient d’ailleurs très détendus, à l’image de Cédric Sorhaindo, se transformant en grand reporter, micro à la main face à Didier Dinart. Entre eux, un seul mot à la bouche, l’Islande. Les Nordiques ne réussissent pas vraiment aux Tricolores. Passons sur le match nul (29-29) à l’Euro, l’an passé, alors que les Bleus étaient déjà éliminés. L’Islande était surtout, avant l’Allemagne, la dernière nation à avoir battu les Bleus. C’était aux JO, en phase de poules (30-29).

« Les Islandais nous ont posé pas mal de problèmes, se souvient Dinart. Mais c’est une équipe qui a été renouvelée. Ce sera un match engagé. » Engagés, les Bleus le seront-ils autant qu’à leurs plus belles heures ? Cette dream team que l’on dit vieillissante a-t-elle toujours cette incroyable capacité à élever son niveau de jeu et à répondre présent lorsqu’on l’attend ? « En valeur absolue, on l’est moins, avoue Onesta. On a une stabilité défensive à retrouver. Mais le secteur clé du match sera notre faculté à attaquer. Si on attaque bien, on va non seulement les fragiliser défensivement mais aussi et surtout couper leur rampe de lancement sur leur jeu rapide. Il faudra se mettre un peu de fièvre, faire monter la température. On doit devenir plus méchant. » Une spécialité des Experts.

Aurélien Brossier avec Rodolphe Massé