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Nikola et Luka Karabatic : jamais sans mon frère

Les frères Karabatic

Les frères Karabatic - -

Longtemps inséparables en club, Nikola et Luka Karabatic ne dérogent pas à leurs habitudes en équipe de France, où ils constituent la nouvelle fratrie vedette. Un duo fusionnel mais aussi complémentaire, dans lequel Luka a un vrai rôle à jouer.

Avant, on les reconnaissait à leur air de famille. Désormais, c’est à leur barbe qu’on les remet. Après avoir « abrité » pendant plus de dix ans Guillaume et Bertrand Gille, voilà que l’équipe de France a accueilli au Danemark une nouvelle fratrie : celle des Karabatic. Au style… « beaucoup plus barbu», remarque, rieur, Daniel Narcisse au moment de comparer les époques. Pour leur première ensemble dans un grand tournoi international, Nikola (29 ans) et Luka (25 ans) n’ont pas choisi la discrétion. La faute à un pari passé entre l’ainé et Cédric Sorhaindo : ne plus sortir le rasoir tant qu’ils ne perdraient pas en club. Défi relevé par le Barça… et qui explique la taille imposante des deux barbes, qui n’ont pu être retouchées par un spécialiste avant leur envol pour l’Euro scandinave.

Luka-Nikola. Nikola-Luka. Inséparables. Comme à Montpellier ou à Aix, où ils ont joué et habité ensemble, le cadet est toujours dans les pas de l’aîné. A l’entraînement. A l’hôtel, où Niko, habitué à faire chambre commune avec Sorhaindo, dort désormais avec Luka. Au niveau de la barbe donc, que Luka a adopté également. Et sous le maillot des Experts, enfin. « Comme les Gille, c’est une relation très fusionnelle », relève Michaël Guigou. Une relation forte que se contente d’observer Claude Onesta. « Je ne la gère pas, assure le sélectionneur des Bleus. Je les laisse faire. Ils le font depuis qu’ils sont petits. C’est plutôt une belle réussite. Il ne faut pas interférer. »

Nikola : « Luka me dit même ce que je dois faire »

Dans la fratrie, c’est Nikola, bien sûr, qui joue les guides. A sa façon. « J’ai avec lui le comportement qu’avait mon père avec moi quand il était mon mentor, assure le Barcelonais. Je suis très exigeant avec lui, plus dur qu’avec les autres. » La recette fonctionne. En sélection, Luka est épanoui, mature, transfiguré. « On a une relation tellement proche que cela facilite les choses, confirme ce dernier. Niko m’a toujours aidé à évoluer, à progresser. Cela a aidé mon intégration en équipe de France.»

Mais le cadet n’est pas un suiveur pour autant. Remplaçant de Didier Dinart (désormais dans le staff) dans la défense des Bleus, l’Aixois apporte aussi un plus indéniable en attaque. Et soulage grandement son frère, au statut de star encore plus renforcé avec les blessures des autres cadres (Jérôme Fernandez, Bertrand Gille, Thierry Omeyer). « Luka a eu la chance de bosser à Aix avec ‘‘Noka’’ Serdarusic, qui était mon entraîneur à Kiel et qui m’a beaucoup appris au niveau du handball, souligne Nikola. Je n’ai plus à m’occuper de lui. C’est même lui qui me dit ce que je dois faire. C’est mieux parce que je dois rester concentré sur ma performance. On sera bons et on gagnera si je suis bon aussi. »

Les Bleus le seront aussi avec ce frère cadet désormais crédible par son jeu. Et non plus par son nom, comme aiment l’avancer certains détracteurs. « Luka est en train de prouver que sa présence est complètement liée à son niveau de performance, ajoute Onesta. Il est en train de gagner ses galons. Sa performance en défense hier (28-27 contre la Pologne mercredi, ndlr) était énorme. » Deux frères à leur firmament dans cet Euro : la France en aura bien besoin à l’heure d’aborder le tour principal. Mais pas question de faire bande à part. « L’équipe de France, c’est vraiment un collectif, martèle Luka. Je ne suis pas focalisé sur Nico et inversement. On se fond dans le collectif et on n’a pas du tout envie de se démarquer. » Sauf pour la barbe…

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A.D avec R.M