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Onesta : « On se met la pression en permanence »

Claude Onesta

Claude Onesta - -

Le sélectionneur de l’équipe de France assure que les Bleus sont prêts à assumer leur statut de favori lors du Mondial qui débute ce jeudi en Suède. A condition que les plus jeunes du groupe parviennent à surmonter la pression. Premier test, ce vendredi contre la Tunisie (18h).

Claude Onesta, malgré les forfaits de Daniel Narcisse et Guillaume Gille, l’équipe de France est-elle toujours aussi ambitieuse pour ce Mondial ?

C’est le cœur même de notre activité que d’être ambitieux. Maintenant, on fait avec les moyens à disposition. On ne remplace par Daniel Narcisse, un des meilleurs joueurs du monde, aussi facilement. Notamment en termes d’expérience. On sait qu’au-delà du talent et du potentiel, il y a une vraie acclimatation à faire par rapport à ces compétitions majeures. On va jouer dix matches en dix-sept jours. Les plus jeunes de l’équipe ne savent pas comment ça se déroule. A la fin du premier tour, on va par exemple jouer l’Allemagne et l’Espagne dès le lendemain. Ces jeunes joueurs n’ont jamais enchaîné deux matches pareils dans un contexte aussi difficile. C’est quelque chose qui s’apprend et qui n’est pas facile à vivre.

Les jeunes sont-ils sortis de leur couveuse ?

Pas encore. Même si les événements les poussent dehors un peu plus tôt qu’on ne l’avait imaginé. Ça prend du temps. Ça sera forcément beaucoup plus irrégulier que ça ne pourrait l’être avec des joueurs cadres. C’est ce qui fait la différence entre un jeune et un cadre. Mais on ne leur met pas de pression trop importante. On leur dit de se contenter de faire ce qu’ils font déjà en club. A eux d’être utiles durant 15 ou 20 minutes. Mais parfois, ils ont tellement l’impression de passer un examen à chaque ballon qu’ils finissent par déjouer et être en difficulté. Donc on essaie de les rassurer. J’espère que chacun d’entre eux pourra participer et apporter sa pierre à l’édifice.

L’équipe de France sera très attendu dans les salles suédoises. Comment allez-vous gérer cette pression ?

La pression est plus compliquée pour les jeunes joueurs. Parce que pour eux, c’est quelque chose de nouveau. Ils ont la sensation de vivre une aventure à un niveau supérieur avec une visibilité maximale. Donc on a beau leur dire qu’il faut se libérer, ça ne reste que des mots. Pour eux, l’enjeu est conséquent. Maintenant, pour ce qui est de la pression du résultat, on est habitué à vivre avec en équipe de France. On se met la pression en permanence. Ce qui ne nous empêchera pas d’être en difficulté par moments.

Propos recueillis par Rodolphe Massé