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Paris suspects : Montpellier, une journée en enfer

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Cette affiche entre le PSG et le MHB devait être la fête du handball. L’affaire des paris suspects et l’interpellation de 17 personnes présumées impliquées dans cette affaire est venue perturber ce choc. Récit d’une folle journée.

C’était le choc que tout le monde du handball attendait. Le champion en titre montpelliérain opposé au nouveau riche parisien. La tribune de presse du Stade Pierre-de Coubertin n’est d’ailleurs pas en mesure d’accueillir les 200 demandes d’accréditation des journalistes, elle qui peine à habituellement rassembler une cinquantaine de reporters pour les matchs du PSG. Mais ce choc a un goût particulier. Non seulement parce qu’il met aux prises les deux places fortes du hand français, mais surtout parce que Montpellier est sous le feu des projecteurs dans une affaire de paris suspects. Consultant pour RMC Sport, Daniel Costantini évoque « l’odeur du sang, du souffre ou du scandale ». Il n’a sans doute pas complètement tort.

Sur le parquet, les nouvelles recrues du PSG dynamitent le club héraultais (38-24). Les Montpelliérains, sans doute alertés par ce qu’il se trame en coulisses, passent à côté de leur deuxième période. A l’issue du match, la star du hand français Nikola Karabatic réagit au micro de Canal +. « On avait le match en main en première mi-temps, on mène de deux buts et on joue à six contre quatre. On les remet tout seul dans le match ». Relançant l’icône de Montpellier sur ce fameux contexte, la journaliste se retrouve seule. Abandonnée par le double champion olympique qui refuse de répondre.

Une drôle de mise en scène

 Dans la foulée, les joueurs de Montpellier reçoivent une visite inhabituelle. Vers 16h30, un dispositif de policiers se met en place autour de l’enceinte. La quinzaine d’hommes de la brigade des courses et des jeux de Nanterre pénètre alors dans les vestiaires pour entendre plusieurs joueurs montpelliérains, ainsi que les néo Parisiens, Samuel Honrubia et Mladen Bojinovic, anciens joueurs de Montpellier. Après une confusion générale, plusieurs joueurs sont sortis sous escorte policière, invités à grimper dans les voitures, toutes sirènes hurlantes. Direction Nanterre siège de la brigade.

Une mise en scène surprenante. Car le procureur de Montpellier, Brice Robin, voulait interroger les joueurs concernés lundi, au calme. Les auditions dans les vestiaires ont donc été faites dans son dos. C’est ce lundi, devant la presse qu’il donnera ses explications. Ce dimanche soir, les frères Karabatic, le Tunisien Wissem Hmam, le gardien français Michaël Robin et les Slovènes Dragan Gajic, Primoz Prostet et Vid Kavticnik étaient entendus en compagnie du kiné de Montpellier. Du côté parisien, Mladen Bojinovic et Samuel Honrubia étaient également concernés. Tout comme cinq personnes interpellées dans l’entourage des joueurs et deux dans l’entourage de la FDJ, soit un total de 17 personnes.

C’est donc dans un climat très étrange que le reste de la délégation montpelliéraine est retournée dans l’Hérault. L’avion s’est posé aux alentours de 22h10, déchargeant les joueurs et staff sur le tarmac de l’aéroport, sans passer par la case aérogare. Montpellier avait sans doute eu sa dose de micro et caméras pour cette journée finalement très mouvementée.