RMC Sport

Paris suspects : un point pour les Karabatic

Nikola Karabatic

Nikola Karabatic - -

Nikola Karabatic, son frère Luka, Issam Tej et Primoz Prost, ainsi que Mladen Bojinovic, ne sont plus sous contrôle judiciaire dans l’affaire des paris suspects. S’ils restent mis en examen, ils semblent reprendre la main.

Près d’un mois de tempête et puis, l’éclaircie. Le 30 septembre, Nikola Karabatic et ses coéquipiers ou ex-coéquipiers étaient interpellés et placés en garde en vue à Paris puis transférés à Montpellier dans le cadre de l’affaire des paris suspects sur le match Cesson-MAHB du 12 mai dernier. Ce 25 octobre, en début de matinée, les mis en cause ont marqué leur premier point dans le dossier. La Cour d’appel de Montpellier a décidé de lever le contrôle judiciaire qui les concernait. Nikola Karabatic et Luka Karabatic, leurs compagnes Géraldine Pillet et Jennifer Priez, Issam Tej et Primoz Prost ainsi que le Parisien Mladen Bojinovic peuvent donc souffler. Comme Dragan Gajic, ils récupèrent également les cautions qu’ils avaient dû déposer*.

Les joueurs de Montpellier ont donc la possibilité de reprendre l’entraînement et de rencontrer leurs coéquipiers, leur staff et leurs dirigeants. « Ça leur permet de re-pratiquer leur sport, explique Me Michaël Corbier, l’un des avocats de Nikola Karabatic. C’est ce qu’on attendait depuis le 2 octobre. Ils sont ravis de cette décision. Ce n’est qu’une étape dans ce parcours qui reste encore long mais ils sont contents. » Pour Me Luc Abratkiewicz, l’avocat de l’ex-Montpelliérain Mladen Bojinovic, cette décision est « un désaveu total pour l’institution judiciaire qui avait, quelque part, organisé une arrestation publique, un lynchage médiatique ». « Aujourd’hui, il va falloir qu’ils apportent un peu plus d’éléments aux magistrats instructeurs pour les convaincre, poursuit-il. Je pense maintenant que le dossier du hand est en train de faire pschitt. »

L’avocat de Bojinovic : « Le dossier du hand est en train de faire pschitt »

Me Jean-Marc Phung, l’un des conseillers de Nikola Karabatic, reste un peu plus prudent. « Il n’y avait pas de quoi verser dans le catastrophisme le 2 octobre, estime-t-il. Aujourd’hui, il n’y a aucune raison de pavoiser et de verser dans le triomphalisme. L’instruction se poursuit. » Les sept joueurs (les frères Karabatic, Issam Tej, Primoz Prost, Dragan Gajic, Mladen Bojinovic et Samuel Honrubia, qui n’avait pas demandé la levée du contrôle judiciaire), sont en effet toujours mis en examen. Mais la thèse de l’escroquerie semble devenir plus difficile à soutenir. « Je crois que pour l'institution judiciaire, qui avait lancé ce dossier, c’est un véritable coup de théâtre, lance Me Abratkiewicz. C’est un tsunami, un raz de marée. On les renvoie à leur dossier. Et au travail ! »

De leur côté, les Montpelliérains vont désormais être reçus par leur président, Rémy Lévy, « vraisemblablement le mardi 30 octobre », a-t-il indiqué dans un communiqué. Le MAHB entend demeurer ferme face au fait que certains de ses joueurs aient parié contre leur équipe, « ce qui est contraire aux règles essentielles d'éthique et de morale auxquelles il est profondément attaché ». Face à cette menace de licenciement, Nikola Karabatic, Issam Tej et Dragan Gajic nient avoir parié. « Ils ont toujours clamé haut et fort leur attachement à ce club, rappelle Me Jean-Marc Phung. Mais aujourd’hui, ce ne sont pas eux qui décident. On attend une nouvelle fois que le club se prononce de manière claire. » Au tour de Rémy Lévy, avocat de formation, de se saisir du volet sportif du dossier.

* Les cautions récupérées par les mis en examen :
Luka Karabatic : 25 000 euros ; Jennifer Priez : 13 000 euros ; Mladen Bojinovic, Dragan Gajic et Issam Tej : 11 600 euros, Nikola Karabatic : 4 500 euros ; Géraldine Pillet : 4 400 euros.

LP avec JL et RM