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Pourquoi la France peut battre le Danemark, par Daniel Costantini

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Ancien sélectionneur de l’équipe de France (1985-2001), membre de la Dream Team RMC Sport, Daniel Costantini présente la finale de l’Euro ce dimanche (17h30) entre les Bleus et le Danemark. En croyant à un nouveau sacre tricolore.

Une courbe intéressante

« L’équipe de France peut gagner, d’abord parce qu’elle progresse depuis le début de la compétition. C’est intéressant d’arriver en finale sans avoir appuyé tes atouts. Au contraire, tu te dis que tu sors d’une demi-finale très difficile (30-27 contre l’Espagne), que tu aurais pu sombrer mais que tu ne l’as pas fait. Les tauliers sont là, mais il y en a qu’on n’a pas encore vraiment vu. Je pense à Daniel Narcisse, qui risque d’être vraiment présent. Et puis on a la bonne surprise d’avoir quelques débutants qui sont à la hauteur de l’évènement. »

Des nouveaux à la hauteur

« Cyril Dumoulin, dans les buts, a été monstrueux dans le dernier quart d’heure contre l’Espagne. Valentin Porte, on a l’impression qu’il a 150 sélections et dix compétitions internationales derrière lui. Il marque des buts à tout le monde. Pour le moment, aucun adversaire n’a réussi à l’attraper. Igor Anic, il fait bien son métier. Luka Karabatic, j’étais un petit peu sceptique, mais il est en train de prouver qu’il peut devenir un défenseur de niveau international. L’équipe de France a autant d’atouts que lors des expériences précédentes, quand elle a gagné des titres. »

L'effet de surprise

« Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’au handball, quand tu fais ta première compétition à ce niveau-là, tu peux surprendre. On se souvient que Xavier Barachet étonnait tout le monde en 2011. Les adversaires ne savaient pas comment le prendre. Là, c’est Valentin Porte qui joue ce rôle. On en bénéficie. »

L'impact des anciens

« Jérôme Fernandez, pour le moment, il n’apporte pas grand-chose. S’il n’y en a qu’un, ce n’est pas grave. Il faudrait que Daniel Narcisse nous prouve qu’il est encore le meilleur joueur du monde, comme il l’a été l’année dernière. Nikola Karabatic, on sait qu’il sera là. Et on sait que plus il y a de gens qui crient contre nos deux duettistes sur les ailes Luc Abalo et Michaël Guigou, plus ils sont extraordinaires. »

Une reconstruction express

« C’est une reconstruction très rapide. D’autant que la spécialité du staff de Claude Onesta, c’est de préparer les compétitions en huit jours. Si tu arrives à dire que tu intègres des joueurs en huit jours, c’est que l’intégration est vraiment un phénomène naturel, qui se passe tout seul. Il y a d’abord une bonne ambiance, une bonne complémentarité entre chaque strate de cette équipe. Là, ça a payé tout de suite. Pour que ce ne soit qu’un feu de paille, il faudrait que les nouveaux ne confirment pas. Mais je n’y crois pas trop. Ou que quelques anciens soient rattrapés par la limite d’âge. Moi, je ne pense pas que ce soit un feu de paille. Mais on ne le saura que dans un an au Qatar, à l’occasion d’un Mondial pour lequel on est déjà qualifié. Cette équipe de France, elle a passé un cap, mais presque sans en apercevoir. »

Le favori, c'est le Danemark

« Il n’y a pas besoin d’être un grand expert pour annoncer que le Danemark est favori. Il y a des signes. C’est une équipe qui n’a pas perdu le moindre match dans cette compétition. Elle n’a pas survolé ses matchs, mais elle a toujours eu de la marge. Et elle semble avoir un bon équilibre dans sa composition. On ne peut pas dire qu’il y a une base arrière très, très forte. Mais les avants le sont. Le gardien est bon, la défense est intéressante. Le coach (Ulrik Wilbek) est assez charismatique. Ce serait stupide de dire que, pour une finale qui va se dérouler au Danemark, les Danois de 2014 ne sont pas favoris. »

Pression sur les arbitres

« Herning, où a lieu cette finale, est un vrai creuset du handball danois. Tous les clubs un peu connus sont autour de cette salle. Comme c’est un public assez connaisseur et qu’ils vont être 13-14 000, ça va pousser sur les arbitres. Ce sont des Espagnols, qui ne sont peut-être pas si influençables que ça, mais quand même… Quand un public commence à vociférer parce que l’équipe adverse garde le ballon et qu’il veut que le geste du refus de jeu se déclenche, ça va se déclencher plus vite contre la France que contre le Danemark. Mais c’est à double tranchant. Le public va être à bloc derrière son équipe. Mais il peut être déçu, comme à Zagreb en 2009 (finale de l’Euro) quand les Français ont remonté trois buts et sont passés devant à la 15e minute. Le public croate, il était KO debout et on ne l’a plus entendu en deuxième mi-temps. Ça pourrait faire le même coup. Il peut y avoir un effet inverse. »

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La rédaction