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Annecy 2018, pour la forme ou pour la gagne ?

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La cité savoyarde remet ce lundi au CIO son dossier de candidature pour les Jeux d’hiver de 2018. Mais ils sont peu nombreux à croire encore en un succès face à la concurrence de Pyeongchang (Corée du Sud) et de Munich.

« C’est l’image de la France qui est en jeu ! » Comme un dernier cri du cœur, la ministre des Sports, Chantal Jouanno, a décidé cette semaine de monter en première ligne pour défendre la candidature d’Annecy-2018. « Je m’implique parce que j’estime que c’est mon rôle, explique-t-elle. Et puis j’aime les défis. » Défi, c’est indéniablement le mot qui revient le plus souvent au moment où la préfecture de Haute-Savoie s’apprête à déposer son dossier devant le CIO. Car depuis le surprenant départ d’Edgar Grospiron, il y a un peu mois d’un mois, le dossier annécien est toujours aussi confus.

Pour l’instant, personne ne s’est imposé pour succéder au champion olympique 1992 à la tête du groupement d’intérêt public (GIP) chargé de porter la candidature. Et le nom de Charles Beigbeder, proposé par Christian Monteil, le président du Conseil général, adoubé par Chantal Jouanno et l’Elysée, est loin de faire l’unanimité.

Queyranne : « Pourquoi pas un animateur TV ? »

Ce lundi, l’homme d’affaires passera un grand oral devant des élus (Sophie Dion, conseillère aux Sports auprès de l'Elysée, Denis Masseglia, Jean-Luc Rigaut, Christian Monteil et Jean-Jack Queyranne) qui ne semblent pas tous convaincus du bien-fondé de sa candidature. « On est complètement à côté de la plaque, estimait vendredi Jean-Jack Queyranne, le président de la région Rhône-Alpes. Pourquoi ne pas faire appel à un animateur TV tant qu'on y est ? (…) Il faut maintenant arrêter de jouer et se ressaisir sinon c'est vraiment mal parti pour la décision finale du CIO à Durban en juillet 2011. Nous allons tout schuss dans le mur. Il n'y a pas de ‘Magic Man’ qui pourrait transformer une citrouille en carrosse. » Des propos qui ne vont pas franchement dans le sens de l’union sacrée…

Seul motif d’espoir, « le soutien marqué de la ministre des Sports et des membres français du ClO à la candidature de Charles Beigbeder, leur volonté de s’impliquer, et les premiers propos enthousiastes de l’intéressé », comme l’écrit Denis Masseglia, le président du Comité national olympique (CNOSF). « [Nicolas Sarkozy] est un passionné de sport et il suit évidemment cela avec beaucoup d’intérêt, ajoute Chantal Jouanno. Il ne baissera jamais les bras. » Le problème, c’est que le CIO n’a jamais aimé que les hommes politiques prennent position dans ce genre de dossiers.

« TOUT RESTE POSSIBLE », conclut Denis Masseglia en lettres capitales dans une lettre adressée dimanche à toutes les fédérations sportives du pays. Le plus probable, cependant, est que le dossier annécien fasse long feu face à Pyeongchang (Corée du Sud) et Munich, les deux autres candidats.

Le titre de l'encadré ici

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Un dossier acheminé dans la discrétion

Le dossier contenant la candidature d’Annecy 2018 quittera la préfecture de Haute-Savoie ce lundi matin dans le plus grand secret avant d’arriver à Lausanne, siège du CIO, où le dépôt officiel est prévu à 11h30. Dans la délégation, des politiques (Rigaut, Monteil) et des sportifs (Pellen, Vidal, Peyzerat). Guy Drut, membre français du CIO, pourrait être également du voyage.