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Coronavirus: Kevin Mayer, "pessimiste pour les JO", déplore "l’irresponsabilité en France"

Invité de RMC ce dimanche, Kevin Mayer, recordman du monde du décathlon, pense que les Jeux olympiques 2020 à Tokyo seront reportés. Et déplore l’attitude des Français face à la pandémie de coronavirus.

Kevin Mayer n’y croit plus vraiment. Pour le grand champion français, recordman du monde du décathlon, les Jeux olympiques de Tokyo n’auront pas lieu cet été (24 juillet-9 août) à cause du coronavirus. "Je suis assez pessimiste. Je pense que les Jeux seront reportés, a-t-il confié ce dimanche sur RMC. Je ne pense pas qu'ils seront annulés. A un moment donné, il faut avoir des priorités. Il faut oublier ces pensées individualistes, avancer avec le groupe et essayer que tout le monde s'en sorte. Je suis un peu en retrait, je ne sais pas encore s'il faut qu'on abandonne totalement les Jeux."

En attendant d’en savoir plus sur les JO 2020, avec une réunion importante mardi au CIO, Kevin Mayer continue de s'entraîner. "Je garde le moral, je continue à m'entraîner à fond, explique le Français. Il n'y a plus d'accès à la musculation mais j'ai la chance d'avoir un préparateur physique inventif. Sur la préparation, cela ne va pas être très grave, même si ce ne sera pas trop pratique pour l'athlétisme."

"Cet esprit individualiste me gêne un peu"

Bien au-delà des impacts sur le monde du sport, Kevin Mayer déplore l’attitude des Français face au coronavirus, que l’on voit encore rassembler dans la rue, dans les lieux publics, malgré les consignes gouvernementales. "Honnêtement, quand on voit l'Italie et les Français qui font des choses comme aller manifester, alors qu'on leur dit de ne pas être en groupe… Je suis un peu pessimiste. En Chine, on leur a demandé de se confiner, ils se sont confinés et ça va de mieux en mieux. Ici, on leur dit de faire attention de ne pas être en groupe, ils disent 'moi je m'en fous, ça ne me concerne pas'. Cet esprit individualiste me gêne un peu. Je trouve qu’il y a un peu d’irresponsabilité en France. Ça peut devenir beaucoup plus grave. Le sport, tous nos petits loisirs, c'est bien beau mais on parle de santé, de crise internationale. Un peu plus de maturité serait bienvenue."

LP