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Jeux paralympiques 2021: l’histoire miraculeuse d’une nageuse américaine, survivante d’un suicide familial

Haven Shepherd va disputer ses premiers Jeux paralympiques à Tokyo. A 18 ans, la nageuse américaine est une miraculée. Elle a perdu ses jambes au Vietnam lorsqu’elle était bébé. Ses parents ont attaché une charge explosive à son corps lors d’un suicide familial.

Elle se présente elle-même comme une "bomb survivor" sur son compte Instagram. Dans une volonté d’assumer pleinement son histoire hors du commun. Haven Shepherd fait partie de l’équipe américaine de natation et s’apprête à disputer ses premiers Jeux paralympiques à Tokyo. Un rêve pour cette athlète de 18 ans, dont la vie a failli ne durer que quatorze mois. Alors qu’elle était encore bébé, ses parents, qui entretenaient une relation extraconjugale, ont organisé un suicide familial au Vietnam. Ils ont attaché une charge explosive autour du corps d’Haven et l’ont enlacé dans un geste désespéré.

Adoptée par une famille du Missouri

Les deux adultes sont morts sur le coup, mais la petite fille a été projetée dans les airs par le souffle de la bombe. Et elle a miraculeusement survécu. Avant d’être amputée des deux jambes et adoptée quelques mois plus tard par une famille vivant à Carthage, dans le Missouri. Au centre des États-Unis. C'est là qu'elle a grandi, entourée de quatre sœurs aînées et deux frères. "Je leur suis très reconnaissante de m’avoir sauvée. Mes parents m’ont donné le monde, confie-t-elle sur le site du Comité international paralympique. J’ai toujours plaisanté avec mes frères et sœurs en disant que je suis la fille miraculée, la préférée de papa et maman."

Après avoir reçu des prothèses de la part d’une association, dès son plus jeune âge, Haven Shepherd a commencé à courir. Mais la sueur et les douleurs aux jambes l’ont peu à peu détournée du running. Elle a alors profité de la piscine installée derrière sa maison pour s’initier à la natation. Jusqu’à commencer la compétition vers ses 13 ans. Et se retrouver, cinq ans plus tard, aux Jeux paralympiques. Sans aucune rancœur pour ses parents biologiques. "C’est une vie que je n’ai jamais vécue, je ne m’en souviens pas, a-t-elle confié récemment au magazine People. Je n’ai perdu que mes jambes, j’aurais pu perdre la vie."

"J'ai accepté d'être unique"

En plus de ses huit séances d’entraînement hebdomadaires et de quelques sessions de cross-fit, Haven fait également un peu de mannequinat. Elle a notamment posé pour la marque Tommy Hilfiger. Elle aime aussi peindre et collabore avec plusieurs associations qui tentent de sensibiliser les jeunes à l’handisport. L’occasion de transmettre son expérience et diffuser son message plein d'optimisme: "Il faut toujours regarder le positif dans la vie. Je m’en suis sortie et j'ai eu cette seconde chance. J'ai accepté d'être unique et ça a fait une différence dans ma vie. Accepter les choses qui vous ne pouvez pas changer et changer les choses que vous pouvez."

Dans le bassin de Tokyo, la jeune nageuse est là pour prendre du plaisir avant tout. En profitant de l'événement sans se focaliser uniquement sur le résultat. "Mon objectif, c’est d'être moi-même et de m'amuser, résume-t-elle. Je ne viens pas avec de grandes attentes envers moi-même, car si vous fixez des attentes trop élevées, vous serez toujours déçu".

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Journaliste RMC Sport