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JO 2016, athlétisme - Lemaitre : "Il fallait se sortir les tripes"

Christophe Lemaitre

Christophe Lemaitre - AFP

Christophe Lemaitre s’est arraché pour aller chercher une médaille de bronze cette nuit sur le 200m des Jeux olympiques 2016. Invité de l’Intégrale Rio sur RMC juste après sa course, le sprinteur tricolore appréciait à sa juste valeur ce moment, après plusieurs années très compliquées.

Christophe, réalisez-vous que vous êtes médaillé de bronze olympique sur 200m ?

Je commence à réaliser à force de faire des interviews et de répéter les mêmes choses (rires). Ça t’aide à te convaincre que tu l’as fait. C’est incroyable ! Je savais que je pouvais le faire après ma demie mais je savais aussi que ce serait très dur, et d’ailleurs ça l’a été parce qu’avec Martina et Gemili on s’est battus sur le même millième. Il fallait vraiment s’arracher la gueule jusqu’à la fin pour l’avoir. Je suis très content que ce soit moi. Il fallait vraiment se sortir les tripes jusqu’à la fin.

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En attendant le résultat de la photo-finish, l’attente a dû être longue…

Ça faisait un moment que je n’avais pas ressenti ça. C’était un sentiment très fort. Je me suis arraché pour ça. Techniquement, c’était une course un peu dure. A la fin, j’étais lactique, moins aérien, je me suis dit : « Ce n’est pas le bon moment ! ». Finalement, je n’ai pas couru aussi vite que ce que je pensais. C’est peut-être grâce à la pluie car j’ai l’habitude qu’il pleuve à Aix-les-Bains, donc ça m’a peut-être aidé finalement. Je savais que j’étais devant Merritt et puis je vois que ça dure, ça dure, je me suis dit : « Punaise, je sens que je vais me prendre une carotte ». Et puis finalement c’est moi qui ai réussi et qui suis troisième.

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« J’entame ma deuxième carrière »

Quelle saveur a cette médaille, après plusieurs années de galère ?

Ça efface des années de galère, où j’enchaînais les contre-performances en championnats, en meetings, avec des blessures à répétition. Maintenant, j’ai tout évacué et ça fait plaisir de rapporter une médaille.

Vous succédez à Abdoulaye Seye, seul Français à être monté sur un podium olympique du 200m, en 1960 à Rome…

C’est anecdotique mais ça prouve que le sprint c’est dur, surtout avec la concurrence qu’il y a aujourd’hui. Il faut vraiment se démener et ne pas se démonter. C’est une course de fauves, où c’est chacun pour sa gueule et il faut savoir sortir les crocs quand il faut.

Est-ce en quelque sorte le début d’une nouvelle carrière pour vous ?

Totalement. Maintenant c’est un peu un renouveau après des années de galère. J’entame ma deuxième carrière on va dire, en espérant que cette médaille ne soit pas juste un one-shot et que ça va enchaîner dans l’avenir.

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