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JO 2016 - Russie suspendue : "une grande nouvelle pour la lutte antidopage" selon Amsalem

Bernard Amsalem

Bernard Amsalem - AFP

Réunie en Conseil ce vendredi, la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a décidé de priver les athlètes russes des Jeux Olympiques de Rio (5-21 août). Le ministre des sports russe a d’ores et déjà promis une réaction. Côté français, on se félicite de la décision de l’IAAF.

Le Conseil de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a décidé ce vendredi à Vienne de maintenir sa décision de suspendre les athlètes russes en vue des Jeux Olympiques de Rio (5-21 août). Pas convaincus par les efforts de la Fédération russe d’athlétisme (ARAF), les membres du Conseil de l’IAAF n’ont pas levé la suspension infligée en novembre dernier suite à la découverte d’un dopage institutionnalisé en Russie.

Vitali Moutko, le ministre des sports russe, a immédiatement pris acte de la décision de l’IAAF, tout en annonçant une réponse du camp russe. « La suspension est une décision attendue, on pouvait le supposer. Nous allons réagir », a-t-il déclaré ce vendredi.

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Amsalem : "Une décision prise à l'unanimité"

Du côté français, on se félicite de cette décision, Bernard Amsalem en tête. « Il faut signaler que cette décision de suspendre la Russie a été prise à l’unanimité. C’était pour nous un problème de crédibilité. C’est une grande nouvelle pour la lutte antidopage et pour l’athlétisme parce qu’on était montré du doigt depuis plus d’un an. J’espère que cette décision va faire prendre conscience aux autorités russes qu’il faut changer de système, si un jour ils veulent retrouver les stades sur le plan international », a expliqué à RMC Sport le président de la Fédération française d’athlétisme (FFA). Avant d’élargir le débat : « La fédération internationale d’athlétisme a montré la voie aux autres fédérations. Je n’imagine pas que l’athlétisme russe bénéficie d’un traitement particulier. C’est un dopage d’Etat donc tous les sports sont concernés. »

Yalouz : "Un coup de pied dans la fourmilière"

Même satisfaction du côté de Ghani Yalouz, le directeur technique national de la Fédération française d’athlétisme depuis 2009. « Ce qui est bien, c’est qu’on a mis un coup de pied dans la fourmilière et que c’est l’athlétisme qui l’a donné, a-t-il confié à RMC Sport. On combat ça, comme le fait très bien le cyclisme, et aujourd’hui, on essaie de rendre le sport le plus sain possible. Pour moi, c’est une forme d’éthique qui est très importante et on se doit d’être sur un même pied d’égalité, de combattre ce fléau. On ne pourra certainement jamais éradiquer le dopage parce qu’il y aura toujours des tricheurs et des gens malhonnêtes. En tout cas, c’est une volonté très forte et je pense que c’est quelque chose qui paiera à moyen terme. »

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La question des athlètes "propres"

Certains athlètes russes considérés comme « propres » pourraient toutefois prendre part aux différentes compétitions à la convenance du Comité international olympique (CIO). Une idée qui convient à Bernard Amsalem. « Yuliya Stepanova a été la plus courageuse de ces athlètes parce qu’elle a parlé, elle s’est mise en danger, elle a dû s’expatrier pour être en sécurité et c’est un peu grâce à elle qu’on sait tout ce qu’il se passe. J’ai effectivement proposé qu’elle puisse participer aux Jeux. En ce qui concerne les autres athlètes propres, il faudra faire le tri, ce n’est pas évident. On a eu ce débat, c’est difficile aujourd’hui de traiter ce sujet. Mais la balle est dans le camp du CIO, à lui de prendre ses responsabilités. »

la rédaction avec Arnaud Souque et Maureen Lehoux.