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JO 2021 (gym): très ému, Aït Saïd révèle qu'il était blessé lors de la finale des anneaux

Samir Aït Saïd, quatrième des anneaux aux Jeux olympiques de Tokyo 2021, a expliqué s’être blessé au biceps gauche trois jours avant la finale. Le Français ne parvenait même pas à monter sur l’agrès mais n’a jamais envisagé un forfait.

Samir Aït Saïd est décidément malheureux aux Jeux olympiques. Forfait en 2012 en raison d’une triple fracture du plateau tibial et grièvement blessé en 2016 (double fracture ouverte tibia-péroné en saut de cheval), le gymnaste s’est de blessé au biceps gauche trois jours avant la finale, qui s’est déroulée de lundi. Il arborait un gros bandage lors de son passage, crédité de de la note de 14.900, le reléguant au pied du podium. Une immense déception pour le porte-drapeau de la France qui visait une médaille.

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"C’est difficile parce que je n’ai pas pu m’exprimer comme je le voulais, confie-t-il. Je me suis fait mal il y a trois jours au biceps. Je pensais que je n’allais pas avoir mal avec l’adrénaline. J’ai arrêté de m’entraîner pendant trois jours et tout à l’heure, à l’échauffement, j’ai vu que c’était impossible. On m’a demandé si je voulais faire forfait… (il marque une longue pause) Mais non, c’était mort. Je pensais que ça allait péter et je me suis dit: ‘tant qu’à faire, je préfère que ça pète pendant ma finale’. C’est inconcevable de baisser les bras, d’abandonner. Je suis deg’."

"Je ne sais pas comment j’ai fait pour faire ça"

Il a passé beaucoup de temps à bénéficier de soins et à se faire masser. "Je ne pouvais rien faire d’autre, poursuit-il. J’ai essayé de monter sur les anneaux tout à l’heure, c’était impossible et tous mes adversaires l’ont vu. Ils sont venus me demander pourquoi je ne m’échauffais pas, ce qu’il y avait. Je leur ai dit: ‘il n’y a rien’." Il s’étonne finalement d’avoir réussi à son passage après s’être fait poser un "garrot". "Je ne sais pas comment j’ai fait pour faire ça, s’étonne-t-il. Je ne pourrais pas le refaire. Tu ne peux pas t'exprimer à 100%, ça fait chier. Je pouvais gagner."

Il explique s’être blessé "sur un truc tout con". "Ce n’était même pas sur une force, détaille-t-il. Je descendais sur un truc doucement et là, je m’arrête tout de suite, je lâche les anneaux. J’ai fait une écho mais rien dans le biceps, juste un petit truc et ç’a ma rassuré. J’ai dit que j’allais y aller. Je me suis dit qu’avec trois jours de soins, j’allais faire la finale sans douleur mais je n’ai pas réussi à m’échauffer. J’ai eu un coup de pression. Je ne sais comment j’ai fait. Je suis fou."

"Je ne suis pas maudit parce que je vais gagner à Paris"

Entre tristesse et colère, Aïd Saïd refuse l’étiquette de maudit. "Je ne suis pas maudit parce que je vais gagner à Paris", lance-t-il avant d’afficher une détermination déjà très fort pour ces Jeux, chez lui, dans son pays, sa ville. "Je m’en fous de cette médaille du courage, ce n’est pas pour ça que je m’entraîne tous les jours, conclut-il. J’ai charbonné, travaillé, ça a été très dur. Il y en a qui ont cru en moi, d’autres non. Je me suis arraché, j’ai fait des sacrifices. J’en ai chié mais je finirai par l’avoir, c’est clair."

Il reconnaît qu'il ne méritait pas une place sur le podium mais promet d'y monter dans trois ans. "Je n’ai pas fait mon taf, explique-t-il. Mon taf était de ramener une médaille, j’ai fait quatrième mais croyez-loi, ce n’est pas terminé." "Vous ne savez même pas de quoi je suis capable pour avoir cette médaille, lance-t-il en guise de rendez-vous. Même de faire un mouvemennt aux JO avec un bras que je n'arrivais pas à lever, c'est n'importe quoi!"

Nicolas Couet avec Nicolas Jamain