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JO d'hiver 2022: les États-Unis annoncent un boycott diplomatique à Pékin

Le président américain Joe Biden, le 2 décembre 2021 à Bethesda, dans le Maryland

Le président américain Joe Biden, le 2 décembre 2021 à Bethesda, dans le Maryland - MANDEL NGAN © 2019 AFP

La Maison Blanche a annoncé ce lundi que les Etats-Unis vont boycotter diplomatiquement les prochains Jeux olympiques et paralympiques d'hiver, qui se dérouleront à Pékin du 4 au 20 février 2022.

Les Etats-Unis haussent le ton. La Maison Blanche a annoncé ce lundi un boycott diplomatique des Jeux olympiques et paralympiques de Pékin, prévus en février prochain (du 4 au 20). Le président Joe Biden avait reconnu envisager cette hypothèse. Les Etats-Unis n'enverront aucun représentant diplomatique en Chine, en raison du "génocide et des crimes contre l'humanité en cours au Xinjiang", a fait savoir la Maison Blanche. "La représentation diplomatique américaine traiterait ces Jeux comme si de rien n'était, malgré les violations flagrantes des droits humains et les atrocités de la Chine au Xinjiang. Et nous ne pouvons tout simplement pas faire cela", a déclaré la porte-parole des États-Unis, Jen Psaki.

Une "fanfaronnade" pour les Chinois

Un tel boycott, qui consisterait à ce qu'aucun représentant du gouvernement américain n'assiste aux Jeux (les athlètes, en revanche, participeraient), est qualifié de "fanfaronnade" par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Zhao Lijian. "Si les Etats-Unis veulent à tout prix faire les choses à leur manière, la Chine prendra des contre-mesures fermes", a-t-il ajouté.

"J'insiste sur le fait que les Jeux olympiques d'hiver ne sont pas une scène pour prendre des postures politiques et faire de la manipulation", a appuyé Zhoa Lijian. Depuis des mois, le gouvernement américain cherchait la meilleure façon de se positionner à l'égard des Jeux d'hiver, un événement populaire et planétaire organisé par un pays qu'il accuse de perpétrer un "génocide" contre les musulmans ouïghours du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.


Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme accusent Pékin d'avoir interné au Xinjiang au moins un million de musulmans dans des "camps de rééducation". Le Comité olympique américain s'oppose de son côté à un boycott total, expliquant que les Jeux sont importants après des mois de pandémie. Il a jugé par le passé que le boycott des Jeux de Moscou en 1980, par les États-Unis et une soixantaine d'autres pays, et de ceux de Los Angeles en 1984 par l'Union soviétique et ses alliés, avaient montré qu'utiliser ces événements comme un "outil politique" était une "erreur".

Le Comité international olympique a annoncé qu'il respecterait le boycott diplomatique annoncé par les Etats-Unis et se réjouit que cette décision "politique" ne remette pas en cause la participation des sportifs américains. "La présence de responsables gouvernementaux et de diplomates est une décision purement politique pour chaque gouvernement, que le CIO, dans sa neutralité politique, respecte pleinement", a indiqué un porte-parole de l'instance olympique à l'AFP. "Dans le même temps, cette annonce montre aussi clairement que les Jeux olympiques et la participation des athlètes sont au-delà de la politique, et nous nous en réjouissons", a ajouté la même source.

AS avec AFP