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Qui est Marie Bochet, l'athlète paralympique la plus titrée des Jeux d'hiver? (VIDEO)

Sept titres olympiques, quinze titres mondiaux, porte-drapeau de la délégation française aux Jeux paralympiques à 24 ans... Portrait de Marie Bochet: une athlète hors du commun au palmarès XXL.

Elle est la jeunesse dorée du ski alpin français. Née en 1994 avec une agénésie de l'avant-bras gauche, Marie Bochet, la porte-drapeau française, a décroché ce mercredi matin sa troisième médaille d’or lors des Jeux paralympiques de PyeongChang. Elle a été titrée en géant (catégorie debout), après la descente samedi et le super-G dimanche.

Tout sauf une surprise quand on jette un œil au pedigree de la skieuse de 24 ans: 15 titres mondiaux, 14 globes de cristal dont cinq gros globes et 67 victoires en Coupe du monde depuis ses débuts au niveau international en 2010. Mais également quatre titres olympiques déjà glanés lors des Jeux paralympiques de Sotchi en 2014. En Russie, elle avait décroché l'or en descente, super-G, géant et super combiné. Ne laissant échapper que le slalom, pour avoir chuté en première manche. Au total, la skieuse d'Arêches-Beaufort ans comptabilise donc à ce jour sept médailles d’or olympiques, ce qui en fait l'athlète française la plus titrée de l'histoire des jeux paralympiques d'hiver.

Un palmarès hors norme pour une athlète qui fait tout plus vite que les autres. Placée sur des skis dès l’âge de cinq ans par ses parents, Marie Bochet participe pour la première fois aux championnats de France de ski alpin à 11 ans. En 2009 elle intègre la section ski haut niveau du lycée d’Albertville. Et elle est alors la seule athlète handisport à suivre ce cursus, qui rassemble les meilleurs espoirs tricolores. Puis en 2010, elle participe à 16 ans à ses premiers Jeux paralympiques. A Vancouver, au Canada, où elle échoue par deux fois au pied du podium en slalom et en super combiné. Des résultats frustrants mais une "grande joie" pour la skieuse qui confie alors dans les colonnes de La Croix : "j’en retire une grande expérience. Et je suis encore plus contente quand je pense aux olympiades que j’ai devant moi". Des paroles qui prennent tout leur sens aujourd’hui.

"J’ai toujours considéré mon handicap comme une chance"

A l’époque, Marie Bochet confie également que la "cohabitation avec les athlètes valides au lycée d’Albertville se passe très bien". Car pour la Beaufortaine, "les athlètes handisports sont comme les autres et peuvent réaliser de grandes performances sportives." Interrogée pendant les Jeux de Sotchi par France 2, elle ajoutait à propos de son agénésie de l’avant-bras gauche : "je l’ai toujours considérée comme une chance plus que comme un handicap. Ce n’est pas un handicap lourd donc c’est forcément plus facile pour moi que pour d’autres. On croise des personnes qui ont des handicaps plus lourds que nous, et ça fait relativiser."

"Marie est une personne avant tout très exigeante. Elle sait vraiment ce qu’elle veut, elle ne néglige aucuns détails" analyse son entraîneur Mickaël Charrière. Une perfectionniste qui sait où elle va et qui l'affirme haut et fort. "J’ai encore envie de tout bouffer" déclarait-elle avant le début de ces Jeux Olympiques 2018. Résultat : elle a glané pour le moment trois titres sur les quatre épreuves auxquelles elle a participé, n’échouant qu’en super combiné. Il lui reste maintenant le slalom ce dimanche. Une épreuve qui lui tient à cœur, car c’est la seule dans laquelle elle n’a pas encore décroché de titre olympique. Rien que ça.

KS