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Vous voulez que ça bouge ? Comment Paris 2024 veut gagner la bataille du lobbying olympique

Avec l’opération "Vous voulez que ça bouge ? Paris doit avoir les JO 2024 !", RMC Sport se mobilise pendant quatre week-ends en faveur de la candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques 2024. Premier volet ce samedi, avec notamment l’importance du lobbying pour obtenir ces JO.

Quatre voix. Voilà ce qui a empêché Paris d’obtenir l’organisation des Jeux Olympiques en 2012. Longtemps favorite, la capitale française avait finalement été coiffée sur le fil par Londres, dont le lobbying auprès des membres du CIO avait fait la différence. Pour ne pas connaître pareille mésaventure dans la course à l’organisation des JO 2024, Paris a cette fois beaucoup misé sur sa capacité à convaincre les votants.

« On peut être Français et gagner une campagne olympique, assure Bernard Lapasset, co-président du Comité de candidature "Ambition Paris 2024", dans les Grandes Gueules du Sport sur RMC. C’est important, car il y a une culture de la défaite en France. On dit toujours que c’est truqué, qu’on nous a trahis, que les dés étaient pipés, mais non pas du tout. Il y a des réalités qu’il faut voir en face. Il faut regarder ce qu’il se passe, savoir comment les autres fonctionnent, sur quels modes on peut convaincre les gens de voter pour Paris. C’est ce qu’il faut apprendre. Il y a 102 ou 103 membres du CIO, des électeurs. Ils sont différents. Il faut apprendre individuellement à les connaître, les rencontrer, leur expliquer ce que nous faisons, ce dont ils ont besoin. Je les ai vus chacun deux à trois fois. »

Boniface : « Il ne faut pas avoir peur du terme lobbying »

« C’est de la diplomatie sportive, il ne faut pas avoir peur du terme lobbying, insiste Pascal Boniface, directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS). C’est de l’influence, de la conviction, convaincre quelqu’un que notre dossier est meilleur que l’autre. En France, on pense à achat, corruption, mais ce n’est pas ça. Le lobbying, c’est convaincre. Ce qu’on appelle en géopolitique le soft power. Il y a deux défauts français, c’est l’autodénigrement et l’arrogance. Il faut éviter l’un et l’autre. »

Pour mener à bien cette opération de lobbying, Bernard Lapasset compte s’appuyer sur son mandat à la tête du World Rugby, dont il est le président, durant lequel il a réussi à faire entrer le rugby à 7 au programme des JO 2016. L’homme fort de la candidature française explique comment il a réussi son coup : « J’ai pris une agence qui était capable de m’apprendre le métier, l’agence anglaise qui avait battu Paris 2012. Je le dis ouvertement. J’ai appris deux choses, c’est qu’on était peut-être un peu trop imbu de notre candidature par elle-même et que ce n’était pas suffisant. Et qu’on avait peut-être mis en vitrine que des mecs, pas de femmes ni de garçons d’autres couleurs ou d’origines. Ça manquait de diversité, de richesse, de choses vraiment significatives de la France d’aujourd’hui. » Paris a retenu la leçon…

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Paris 2024