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Décosse, l’ennemie préférée du Japon

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A Tokyo, en moins de 70 kg, la Française débute, dans la nuit de jeudi à vendredi, sa quête d’un deuxième titre mondial après celui conquis au Caire en 2005.

Si les Japonais ne faisaient pas preuve d’un patriotisme exacerbé, ils entonneraient certainement l’un de leurs chants d’encouragements entêtants pour pousser Lucie Décosse lorsqu’elle est sur un tatami. La Française est l’une des rares judokas étrangères considérées sur l’archipel. Une fille assez forte pour éviter les arbitrages maison comme lors de sa finale remportée face à une Japonaise lors la coupe Kano à Tokyo en 2008.

Mais Décosse, c’est surtout un judo à faire crever d’envie n’importe quel Nippon. Du déplacement et cette recherche du beau geste et du ippon. Tout ce qu’aime le public japonais qui voit en elle l’une des rares menaces pour ses représentantes. Malgré les nombreux voyages qu’elle effectue au Pays du Soleil Levant pour s’entraîner ou combattre, elle avoue toujours ressentir un petit quelque chose quand elle pose le pied là où le judo est né. « J’ai raté les Mondiaux de l’an passé à Rotterdam. J’ai envie de bien faire cette année, de bien faire au Japon, parce que je suis une compétitrice, et que je n’ai plus gagné depuis 2005 », explique Décosse qui pourrait aussi s’engager lundi dans la compétition toutes catégories sur proposition de l’encadrement.

C’est au Japon aussi qu’elle tire son ennemi mortel : Ayumi Tanimoto. Une rivalité semblable à celle de Nadal et Federer en ce moment en tennis. Deux génies de leur sport qui ne pouvaient cohabiter au même moment. Lucie lui a pris un or mondial en junior et en senior avant que Tanimoto ne terrasse la Française en finale à Pékin. Depuis ce jour, La Nipponne a été foudroyée par des problèmes de dos et peine à retrouver son meilleur niveau tandis que Décosse a fait le choix de monter en moins de 70 kilos.

« Il me faut un titre »

Depuis son élimination prématurée aux championnats du monde 2009, elle n’a perdu qu’un seul combat et remporté les tournois de Rio et Paris. « L’an passé je n’étais pas blindée psychologiquement pour faire un championnat du monde », avoue-t-elle. A Tokyo où elle sait qu’elle sera « bien accueillie », il faudra gérer le grand gabarit aux bras tentaculaires de la Hongroise Meszaros et les deux jeunes Japonaises de service. « Tactiquement j’ai travaillé sur un profil de filles. Ma défaite m’a montré des faiblesses. Je me suis entraînée toute la saison en pensant qu’il me fallait un titre cette année. Dans ma tête j’y vais pour ça. » Et si elle le fait, le Japon ne sera pas vraiment malheureux. Il se consolera en se disant qu’elle aurait du naître de ce côté du monde.