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Emane a les crocs

Gévrise Emane

Gévrise Emane - -

Humiliée à Pékin, Gévrise Emane est depuis descendue chez les -63kg. Une catégorie qu’elle a dominée avec deux couronnes européenne et mondiale. Ce mardi à Londres, elle veut gravir l’Olympe pour définitivement effacer 2008.

« J’ai encore 1,8kg à perdre, je rentre dans le dur, mais ça va aller. » Gévrise Emane (-63kg), pleine d’ambition pour son entrée en lice ce mardi (9h30), a les crocs. La lionne de Yaoundé entend bien que tous les efforts entrepris depuis qu’elle est descendue de catégorie soient récompensés par une médaille olympique. Et de la plus belle des couleurs, si possible.

Sacrée championne du monde chez les -70kg en 2007, à l’âge de 25 ans, la Française, d’origine camerounaise, a décidé de « descendre » après l’énorme déconvenue des Jeux de Pékin qu’elle abordait dans la peau du challenger. Eliminée au premier tour par l'Espagnole Leire Iglesias (shido) à 30 secondes de la fin. Gueule de bois et période de doutes derrière. « Je rasais les murs à l’INSEP, raconte la judoka, je ne savais plus où me mettre. »

Les épreuves l’ont endurcie

Elle décide alors de changer de catégorie. En 2009, elle tente le pari de passer chez les -63kg. Les premiers résultats arrivent dès l’année suivante avec la victoire au Tournoi de Paris. Mais c’est en 2011 qu’Emane touche au(x) but(s). Championne d’Europe, puis championne du monde à Bercy en dominant la Japonaise Yoshie Ueno. On peut croire qu’elle a gagné son pari. Emane rejoint deux légendes, Lucie Décosse et la Nord-Coréenne Kye Sun-Hui, seules femmes à avoir dominé la planète dans deux catégories différentes. Mais non. Pour Emane, le Graal se cueillera à Londres, mardi.

Depuis Pékin, elle s’est remise en question, elle a puisé dans ses échecs la force de redevenir une championne. Petite, trapue, énergique, on lui reprochait son indolence. Les épreuves l’ont endurcie. Elle accepte le terrible exercice de la pesée. « Ma revanche, je l’ai eue avec mes résultats passés. Là, c’est la cerise sur le gâteau, mais il me la faut. »

Louis Chenaille (avec M.M., R.M.) à Londres