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Mondiaux : Legrand, l’argent de l’espoir

Ugo Legrand

Ugo Legrand - -

Battu en finale des championnats du monde face au Japonais Ono (-73kg), Ugo Legrand (24 ans) décroche sa première médaille mondiale individuelle. Loin d’être abattu, le Français espère décrocher l’or dès l’an prochain, à Tcheliabinsk (Russie).

Trois minutes et puis s’en va. Opposé au Japonais Shohei Ono en finale des championnats du monde de Rio en moins de 73kg ce mercredi, Ugo Legrand (24 ans) a été battu en finale. Mené d’un yuko après deux minutes de combat, le Français n’a jamais pu réagir. Pire, une minute plus tard, Ono réussit une nouvelle attaque. Une attaque synonyme d’ippon qui met fin au rêve d’Ugo Legrand de devenir champion du monde. Le champion d’Europe 2012 à Tcheliabinsk (Russie) doit se contenter de l’argent. « Cette médaille d’argent est moche. Ce n’est pas la plus belle mais c’est déjà pas mal, lâche Legrand. C’est mieux que ce que j’ai dans mon placard. »

Après avoir facilement dominé ses adversaires lors des premiers tours et notamment le dernier vainqueur du tournoi de Paris, le Mongol Khashbaatar, le licencié de l’US Orléans avait réussi l’exploit de battre en demi-finale le numéro un mondial, l’autre Mongol Nyam-Ochir Sainjargal. Mais, en finale, le médaillé de bronze des derniers Jeux Olympiques de Londres n’avait plus d’énergie pour espérer un premier titre mondial. Cependant, Legrand ne retient que des bons souvenirs de sa journée. « J’ai fait une très belle journée, avec un bon judo. J’avais de bonnes sensations, confirme le judoka français. Je suis arrivé en finale mondiale. Etre en finale mondiale et perdre, c’est toujours décevant. Mais cela reste une journée mémorable. »

Objectif or en 2014

Victime d’une entorse du genou il y a un mois, Ugo Legrand s’est battu contre la douleur. Ce mercredi, il a même été contraint de subir des infiltrations pour pouvoir se présenter sur les tatamis. « Les blessures ne m’ont posé aucun problème », précise-t-il. Qu’importe, le natif de Mont-Saint-Aignan (Haute-Normandie) souhaitait accomplir son rêve. Celui de devenir champion du monde. Mais cette année, il devra se contenter de la deuxième place. « Stéphane Frémont (responsable de l'équipe de France masculine, ndlr) m’a dit que je partais de loin. Cette année post-olympique a été laborieuse pour moi, assure Legrand. J’ai perdu du temps mais j’ai gardé espoir et confiance. Au final, j’arrive à décrocher une médaille. »

Vrai guerrier sur le tatami, celui qui a commencé le judo à trois ans dans le dojo de son père, à Grand-Quevilly, possède un talent hors-norme. « Lorsqu’il y a de l’enjeu, je suis meilleur. Je n’ai aucun stress négatif, affirme le grand ami de Teddy Riner. Je suis détendu. J’enchaîne tour après tour avec sérénité. Je ne l’explique pas trop. » Avec cette deuxième place, tous les espoirs sont permis pour ce fabuleux technicien au sol. C’est certain, Ugo Legrand continue son ascension dans la cour des grands. Le protégé de Daniel Fernandes (son entraîneur) veut repartir au combat. Un combat qui pourrait lui sourire lors des prochains championnats du monde en Russie, à Tcheliabinsk, en 2014. Avant pourquoi pas de rêver d’un titre olympique aux JO de Rio en 2016. « Je prendrai ma revanche lors de la prochaine olympiade », prévient-il. Un espoir tout à fait envisageable.

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Xavier Martel avec Rodolphe Massé à Rio